SAUVER LE SOLDAT SQUARCINI !

Richard Labévière

Le 24 janvier dernier, une « journaliste » du Point (parfaite inconnue) a remis le couvert contre Bernard Squarcini, l’ancien patron du Renseignement intérieur, qui doit intervenir le 8 février prochain devant un groupe d’anciens auditeurs de l’IHEDN (Institut des hautes études de défense nationale). Et la « journaliste » – à qui l’on a vraisemblablement tenu la main et qui confond les associations d’auditeurs de l’IHEDN et l’IHEDN lui-même – de rappeler solennellement que Le Squale a été mis en examen pour « violation du secret » et d’autres chicayas dans le cadre de ses activités actuelles de consultant. La belle affaire !

Les raisons avancées contre Bernard Squarcini – que Le Point se garde de mieux expliquer – pourraient faire embastiller la moitié de la haute fonction publique de notre pays. Elles s’apparentent davantage à un harcèlement ciblé et à un règlement de compte politique qu’à une mesure de justice visant un personnage qui demeure l’un de nos meilleurs experts en terrorisme et contre-terrorisme. Comprenne qui pourra !

Toujours est-il qu’on peut légitimement s’interroger sur les raisons de ce harcèlement visant Bernard Squarcini alors que d’autres affaires – autrement plus graves – continuent à transformer notre pays en république bananière. Et l’on ne songe pas seulement aux affaires entachant direction des Aéroports de Paris, celles de Radio France ou d’Orange, mais aussi à ces anciens ambassadeurs et cadres du Quai d’Orsay partis pantoufler, du jour au lendemain, dans des sociétés financières, la plupart du temps américaines.

L’archétype du genre fut l’ancien secrétaire général du ministère des Affaires étrangères – Gérard Errera -, bombardé au conseil d’administration de Blackstone, un fonds d’investissements américain pour l’Europe. La commission d’éthique du Quai d’Orsay avait trouvé l’opération plutôt limite et demandé des explications à l’impétrant qui était monté sur ses grands chevaux, expliquant que nombre de ses anciens collègues avaient pu faire la même chose sans essuyer la moindre remarque. Depuis l’affaire Errera, la commission du Quai a, tout simplement été supprimée. Mais Le Point ne va pas se fâcher avec les puissants, préférant évoquer d’autres histoires ayant opposé l’ancien patron de la DCRI (Direction centrale du renseignement intérieur) à des « journalistes » du Monde qui avaient frisé le code de la raison d’Etat…

Ce drôle d’article n’amène aucune information, cachant mal son unique objectif : traîner encore Le Squale dans la boue… Rien d’étonnant de la part du Point, qui s’est dernièrement réjouit de la décision unilatérale du président américain Donald Trump concernant le transfert de l’ambassade des Etats-Unis à Jérusalem ou qui fait la com’ du jeune Mohamad Ben Salman, le nouveau dictateur d’Arabie saoudite. Aujourd’hui, Le Point, c’est une brochette de cireurs de pompes qui pensent tous dans la même direction – Franz-Olivier Gisbert, Marc Lambron, Alexandre Adler, Jacques Attali, Alain Minc, etc. On se demande ce que ce pauvre Kamel Daoud vient faire dans cette galère qui prend l’eau de toutes parts.

De tels médias scient la branche sur laquelle ils sont assis, à savoir le respect de leur lectorat. Pratiquant un journalisme de délation, de trafic d’influence et de propagande, ils finiront par disparaître, non pas à cause de la révolution numérique et de la baisse des recettes publicitaires, mais parce que leurs contenus deviennent parfaitement nuls !

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