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  • GRANDS PROBLÈMES DE DÉFENSE ET DE SÉCURITÉ 
  • Jacques Raimond

  • ACTUALITÉS INTERNATIONALES 
  1. L’élargissement de l’OTAN et la Russie : promesse tenue ?
  2. Entre volonté et réalité : le mode de résolution onusien des conflits interétatiques
  3. Chine : la stratégie de 2021
  • LES ENJEUX DE LA DÉFENSE FRANÇAISE 
  1. Général Blachon : « La subsidiarité dans le commandement est considérée comme un facteur du succès »
  2. Le président Macron assure que la France maintiendra « fortement » son effort militaire au Sahel
  3. Bercy va-t-il être le fossoyeur de la Loi de programmation militaire ?
  • INDUSTRIE ET ÉCONOMIE 
  1. L’œil du Scorpion
  2. Chine : la pensée Xi Jinping veut plus d’ouverture économique et moins de pollution
  3. Comment Trump met en danger l’OMC
  • GRANDS PROBLÈMES DE DÉFENSE ET DE SÉCURITÉ 
  1. Fin des énergies fossiles et environnement énergétique international : contradiction ou réalisme ?
  2. La guerre par en bas, la guerre par en haut
  3. Connaître son métier

 

ACTUALITÉS INTERNATIONALES

1 – L’élargissement de l’OTAN et la Russie : promesse tenue ? (IRIS, Charles Thibout)

Les Américains et leurs alliés ont-ils promis aux Soviétiques qu’ils n’étendraient pas les frontières de l’OTAN, lors du processus de réunification de l’Allemagne ? Depuis près de vingt-cinq ans, les Russes affirment qu’ils ont été « trahis« . De leur côté, les Occidentaux ont toujours nié avoir jamais fait une telle promesse. Ce dialogue de sourds aurait pu se poursuivre indéfiniment si le National Security Archive, basé à la George Washington University, n’avait pas publié des documents diplomatiques déclassifiés américains, soviétiques, allemands, britanniques et français, livrant une version des faits plus nuancée. Le 18 mars 2014, dans un discours prononcé devant la Douma, pour mieux justifier l’annexion de la Crimée, Vladimir Poutine soulignait les humiliations qu’avaient fait subir les Occidentaux à la Russie, en pointant notamment les promesses non tenues par l’Ouest dans les années 1989-1991. Une promesse en particulier : celle de ne pas élargir l’OTAN au-delà des frontières de l’Allemagne réunifiée. Depuis l’effondrement du bloc soviétique, l’Ouest a toujours nié avoir fait de telles promesses. D’ailleurs, en toute logique, jamais les Occidentaux n’auraient pu accepter la continuation de facto de la division de l’Europe. D’autant que, depuis 1975, la Charte d’Helsinki garantissait à tout pays le droit de choisir sa propre alliance. Or, les documents révélés par le National Security Archive semblent démontrer qu’à de multiples reprises, les principaux représentants des Etats membres de l’OTAN ont garanti à Gorbatchev que la zone atlantique ne s’étendrait pas plus avant en direction du territoire russe. Dès le mois de décembre 1989, lors du sommet de Malte, le président George H.W. Bush assurait son homologue soviétique qu’il ne tirerait pas avantage des révolutions en Europe de l’Est pour nuire aux intérêts de l’URSS – même si, à cette époque, ni Bush ni Gorbatchev ne pouvaient raisonnablement s’attendre à ce que la RDA s’effondrât et que la réunification allemande fût aussi rapide. Les garanties ne se sont pas limitées à ce seul échange. Le 31 janvier 1990, dans un discours prononcé à Tutzing, en Bavière, le ministre des Affaires étrangères de RFA, Hans-Dietrich Genscher, déclarait que « les changements en Europe de l’Est et le processus de réunification ne [devaient] pas aller à l’encontre des intérêts sécuritaires de l’Union soviétique », exhortant même l’OTAN à exclure toute progression de l’Alliance atlantique vers l’est. Selon Genscher, même en cas de réunification, le territoire de l’ex-RDA serait doté d’un statut spécial qui exclurait toute intégration dans l’OTAN. Cette idée fut codifiée dans le traité final, signé le 12 septembre 1990 (Traité de Moscou). Quant à celle de ne pas étendre les limites de l’OTAN en direction de l’URSS, elles ne figuraient pas dans le traité lui-même, mais de manière implicite (et c’est tout le problème) dans plusieurs « mémorandums », c’est-à-dire des comptes rendus de discussions entre les Soviétiques et leurs principaux interlocuteurs occidentaux, dans les années 1990-1991 : Genscher, mais aussi Helmut Kohl, le secrétaire d’Etat James Baker, Robert Gates (conseiller adjoint à la Sécurité nationale puis directeur de la CIA), George H.W. Bush, François Mitterrand, Margaret Thatcher, John Major, Manfred Woener, etc. Ces discussions avaient spécifiquement trait à la protection des intérêts sécuritaires soviétiques et abordaient sérieusement l’idée d’intégrer l’URSS dans les nouvelles structures européennes de sécurité. Eu égard à ces engagements verbaux, Gorbatchev avait alors toutes les raisons d’être rassuré sur les intentions des Occidentaux. Le 9 février 1990, et à trois reprises, le Secrétaire d’Etat américain, James Baker, a affirmé devant Gorbatchev que l’OTAN ne chercherait pas à s’étendre vers l’est. Le 18 mai, il transmettait directement au président de l’URSS ses « neuf points », qui comprenaient : la transformation de l’OTAN, le renforcement des structures européennes, la non-nucléarisation de l’Allemagne et la prise en compte des intérêts sécuritaires soviétiques. Et Baker d’ajouter : « Avant de dire quelques mots sur la question allemande, je voulais souligner que nos politiques ne visent pas à séparer l’Europe de l’Est de l’Union soviétique. Nous avions cette politique auparavant. Mais, aujourd’hui, nous sommes résolus à bâtir une Europe stable, et à le faire avec vous. »

Retrouvez l’intégralité de l’article avec ce lien :
http://www.iris-france.org/104531-lelargissement-de-lotan-et-la-russie-promesse-tenue/

 

2 –  Entre volonté et réalité : le mode de résolution onusien des conflits interétatiques (CSFRS, Emilie Bottard)

Le paradigme actuel de l’ONU, fondé sur la résolution des conflits interétatiques, ne correspond plus aux défis d’un monde où les conflits interne se multiplient. C’est le constat originel de cette analyse. L’auteur explore tout d’abord les fondements juridiques de l’organisation, puis élargit sa recherche aux défaillances rencontrées lors des tentatives de résolution des conflits intra-étatiques. L’examen lucide et argumenté souligne les entraves structurelles comme les blocages internes aux sources d’un bilan décevant. Il s’appuie sur les exemples emblématiques somalien, libyen et syrien. Les voies de progrès proposées visent in fine à dépasser l’apparente aporie entre respect des souverainetés étatiques et responsabilité de protéger les populations. Les références originales de ce texte sont: Emilie Bottard, « Entre volonté et réalité : le mode de résolution onusien des conflits intraétatiques », Article tiré du mémoire qui a reçu le Prix de la Réflexion Stratégique 2017, Décembre 2017.

 ENTRE VOLONTÉ ET RÉALITÉ : LE MODE DE RÉSOLUTION ONUSIEN DES CONFLITS INTRAÉTATIQUES.

 Guerres civiles, tragédies humaines, conflits internes meurtriers, crises humanitaires internationales, menaces globales : l’actualité contemporaine regorge ainsi d’un nombre préoccupant de situations menaçant la paix et la sécurité internationales. L’Organisation des Nations Unies, héritière de la Société des Nations dans son rôle de maintien de la paix et de la sécurité internationales, doit désormais y faire face et trouver le moyen de les résoudre. Initialement instituée pour prévenir et résoudre les conflits interétatiques, l’ONU a vu son rôle élargi du fait de l’accroissement des conflits non internationaux et de leurs externalités sur la scène internationale ; ainsi que suite à l’acception désormais plus large du concept de sécurité, englobant notamment la sécurité humaine et la promotion des droits de l’Homme. Ainsi, la résolution des conflits internes se révèle être aujourd’hui un de ses enjeux majeurs et se présente comme un défi crucial à la sécurité collective mise en place dès la fin de la première Guerre Mondiale. Si l’ONU apparaît comme l’organisation la plus légitime à s’intéresser à ces conflits et à rassembler la communauté internationale pour œuvrer pour leurs résolutions, il n’en demeure pas moins que son action pour le maintien de la paix et de la sécurité internationales est complexe et est entravée par des principes originels en apparence opposés et par des blocages internes multiples. Les tentatives infructueuses, les échecs successifs et les critiques diverses relatifs à la résolution des conflits intraétatiques discréditent l’Organisation. Ne serait-elle plus capable de remplir son rôle initial ? L’impasse dans laquelle elle se trouve est majeure et de nature à remettre en cause le système onusien dans son ensemble. Pourtant, les intentions affichées de l’Organisation, son but, la nécessité de son action, la légitimité qu’elle a, devrait constituer une fondation solide pour son action et pour la résolution efficiente des conflits internes qui menacent la paix et la sécurité internationales. Lacunaire, hésitant et parfois contre-productif, le mode de résolution onusien des conflits intraétatiques semble inadapté. Or pour comprendre ses difficultés, et espérer l’améliorer, il convient, tout d’abord, de faire un état du droit des Nations Unies afin d’identifier les dispositions prévues pour la résolution des conflits intraétatiques, puis de faire une analyse des tentatives infructueuses de résolutions onusiennes. Enfin, des prospectives et des propositions générales de réformes sont nécessaires pour redonner à l’ONU sa capacité d’agir pour mettre fin aux conflits intraétatiques et à leurs externalités déplorables.

 LE MAINTIEN DE LA PAIX ET DE LA SÉCURITÉ INTERNATIONALES PRÉVUS PAR LE DROIT DES NATIONS UNIES

L’universalisme incomparable de l’ONU implique que les obligations conventionnelles de la Charte des Nations Unies sont source de droit international public. Dénommé droit des Nations Unies, ce droit international particulier est contenu en premier lieu dans la Charte des Nations Unies, le traité constitutif de cette organisation internationale. De même, comme toutes organisations internationales, l’ONU est régie par un principe de spécialité. Elle n’agit donc que dans le but de réaliser les objectifs assignés par la Charte. Dès son article premier, la volonté commune des 51 Etats signataires et membres fondateurs transparaît, et l’ONU est alors dotée de la mission de maintenir la paix et la sécurité internationale. Pour ce faire, la Charte prohibe également le recours à la force dans les relations internationales. Si longtemps, l’ONU s’est attachée à résoudre et prévenir les conflits interétatiques, depuis les années quatre-vingt, elle se préoccupe de toute situation pouvant se détériorer en conflit et situation militaire, comme l’a à juste titre souligné Louis B. Sohn, expert en droit international. Pour réaliser son rôle, des mesures collectives sont alors prévues, faisant écho au concept de sécurité collective sur lequel repose le système onusien et l’ordre mondial actuel. Toute agression ou menace contre la paix est considérée comme mettant en danger la sécurité de l’ensemble des Etats, ceux-ci agissent donc de concert pour y mettre fin. Le mode de règlement des différends prévu par la Charte, en son chapitre six, enjoint à privilégier les moyens pacifiques tels que des solutions négociées, la conciliation et la médiation. D’autres mesures coercitives, militaires ou non militaires sont également prévues au chapitre sept, afin de maintenir la paix et la sécurité internationales. Pour réaliser cet objectif de maintien de la paix et de la sécurité internationales, l’ONU agit aujourd’hui principalement dans les domaines de la prévention des conflits, du rétablissement, du maintien et de la consolidation de la paix et de la sécurité internationales. Son action repose sur une coopération internationale forte et le respect de principes fondamentaux. Présents à l’article deux de la Charte des Nations Unies, il s’agit notamment du respect de l’égalité souveraine de tous les Etats membres et de l’interdiction du recours à la force contre l’intégrité territoriale ou l’indépendance politique d’un Etat. Résoudre les conflits internes va de pair avec la nécessité de porter une assistance humanitaire.

Retrouvez l’intégralité de l’article (et la vidéo) avec ce lien :
https://www.geostrategia.fr/entre-volonte-et-realite-le-mode-de-resolution-onusien-des-conflits-intraetatiques/

 

3 – Chine : la stratégie de 2021 (Institut Montaigne, Philippe Le Corre)

L’année 2017 restera marquée, en Chine, par la tenue en octobre du 19ème congrès du parti communiste, moment-clé dans l’histoire du régime, qui a mis en scène la « grande renaissance de la nation chinoise ». Il correspond sans aucun doute à l’apogée du secrétaire général Xi Jinping, au pouvoir depuis cinq ans et dont personne n’aurait pu prédire, en 2012, quelle forme de dirigeant il deviendrait. Nous avons désormais la réponse. Le « quinquennat » de Xi n’a en aucun cas été celui de la libéralisation politique, ni même économique. Il a été celui de la consolidation du pouvoir du parti autour de valeurs nationalistes et patriotiques ; du renforcement de son dirigeant suprême qualifié de « central » (core leader) ; de la répression des opposants ; et de l’utilisation de l’international à des fins domestiques. Car en Chine, même l’international répond à une logique de parti. Ceux qui observent la Chine depuis trois décennies n’envisageaient pas une telle affirmation de la puissance chinoise quelques années après l’entrée dans le 21ème siècle. Cet empressement n’est pas sans surprendre.

« La Chine de Xi ne cache plus sa volonté d’assumer le leadership dans tous les secteurs, qu’il s’agisse du commerce, de la technologie, de la science, de la défense et même du modèle de gouvernance dont se targue Pékin. »

Nous avons longtemps entendu de la part des dirigeants chinois – du « père de l’ouverture » Deng Xiaoping à Hu Jintao, en passant par Jiang Zemin- que l’ex-empire du Milieu n’aspirait qu’à une relation pacifique et constructive avec le reste du monde, y compris ses voisinsLe « monde harmonieux » évoqué par Hu Jintao, prédécesseur de Xi, était celui d’une société mondiale post-guerre froide, apaisée, et dont la Chine aurait été l’un des acteurs pacifiques, peut-être même un « partenaire responsable » comme l’appelait de ses vœux en 2005 Robert Zoellick, à l’époque secrétaire d’Etat adjoint américain. Cette aspiration s’est mutée en une ambition ouverte, celle du « rêve chinois » visant à rendre à l’ex-empire du Milieu la grandeur qu’il n’aurait jamais dû perdre du point de vue de la majorité de sa population, et surtout de ses dirigeants. Le Parti communiste, dont les structures sont parfaitement imbriquées avec celles de l’Etat et de l’économie, s’est donné pour mission de redorer le blason national. Sans doute y va-t-il de sa survie, et de la poursuite d’une croissance économique indispensable au maintien de la stabilité sociale en Chine. La dette chinoise et la surcapacité industrielle, résultats des interventions répétées d’un Etat qui soutient son secteur d’Etat, parfois à bouts de bras, ne sont pas étrangères à cette marche forcée. Plébiscité le 18 octobre, le secrétaire général a donc déclaré dans son discours que « la Chine doit prendre une place centrale sur la scène internationale et offrir une plus grande contribution à l’humanité ». La pensée Xi Jinping est désormais inscrite dans la constitution, de même que le « socialisme aux caractéristiques chinoises », à savoir l’introduction de l’économie de marché par Deng dans les années 1980 (même si les entreprises d’Etat gardent un rôle-clé dans l’industrie, les infrastructures et la finance par exemple). La Chine de Xi ne cache plus sa volonté d’assumer le leadership dans tous les secteurs, qu’il s’agisse du commerce, de la technologie, de la science, de la défense et même du modèle de gouvernance dont se targue Pékin. Ce « consensus », mélange d’autoritarisme politique et de capitalisme, peut laisser songeur les historiens, mais il inspire nombre de dirigeants à l’étranger: du Caire à Phnom Penh, en passant par Belgrade, Ankara ou Islamabad, la tentation est grande d’entériner un tel système en dépit des particularismes de la Chine. En effet, quel pays peut sérieusement se comparer avec un tel mastodonte, tant sur le plan géographique, démographique et désormais économique ? Mais il est vrai que la faiblesse du modèle anglo-saxon en particulier (victoire du Brexit au référendum de 2016, puis élection de Donald Trump, résultats électoraux en demi-teinte de Theresa May et Angela Merkel) a offert une opportunité unique à Xi Jinping, l’année du congrès de son parti.

« Les initiatives chinoises sur la scène mondiale se déploient donc tous azimuts« .

Son discours à Davos, en janvier 2017, était ainsi une ode au multilatéralisme, à la mondialisation et au commerce. Celui d’octobre était encore plus explicite : la Chine entend « occuper un rôle central dans le monde » mais « personne ne doit s’attendre à ce qu’elle accepte qu’on porte atteinte à ses intérêts ». Une telle ambition n’a rien de surprenant, mais l’affirmer explicitement l’est davantage. Ce n’était pas dans la façon chinoise jusqu’ici, mais on décèle déjà une approche du monde plus sophistiquée, en phase avec les aspirations d’une génération post-Deng Xiaoping résolument tournée vers l’avenir. Les succès économiques indéniables des dernières décennies ne suffisent plus à cette génération, souvent formée dans les meilleures universités américaines et en tout cas parfaitement informée sur l’état du monde. Les initiatives chinoises sur la scène mondiale se déploient donc tous azimuts : des Nations Unies, dont la Chine est devenue le deuxième contributeur budgétaire, à la Banque mondiale où elle occupe des postes-clés, ainsi qu’à Interpol, à l’ONUDI ou à l’Union internationale des télécommunications, organisations qu’elle préside, sans oublier la Banque Asiatique pour les Investissements dans les Infrastructures, qu’elle domine. Sur le plan militaire, Pékin est le premier pourvoyeur de casques bleus à l’ONU, et la Chine vient d’inaugurer une impressionnante base navale à Djibouti – la première hors de ses frontières. Aux Etats-Unis de Donald Trump, elle laisse entendre qu’un « G2 » pourrait gérer le monde. A la Russie de Vladimir Poutine, elle fait les yeux doux et finance des projets énergétiques. A l’Union européenne, elle parle de « connectivité » tout en demandant le statut d’économie de marché et la mise en place d’un traité de libre-échange pour lequel les négociations piétinent – faute d’accord européen.

« Si les investissements chinois ont un peu marqué le pas en 2017, ils devraient reprendre de plus belle en 2018 car ils correspondent à une ambition non dissimulée de leadership technologique chinois« .

Last but not least, il y a l’initiative Belt and Road (BRI), lancée en 2013 par Xi Jinping, et dont les objectifs demeurent volontairement vagues, voire obscurs. Vaste réseau d’infrastructures ferroviaires, portuaires, routières et énergétiques censé relier la Chine au reste du continent eurasiatique, la BRI regroupe désormais des projets encore plus vastes y compris dans la finance, les télécommunications, et bien sûr le développement des échanges commerciaux. Malgré les 65 pays affiliés (au total « un PNB consolidé de 21 trillions de dollars » explique-t-on à Pékin), la BRI ne reçoit que 100 milliards de dollars d’investissements chinois, au lieu des 3000 ou 4000 milliards nécessaires. Du Tadjekistan au Sri Lanka, les projets sont variés mais pas forcément cohérents entre eux.

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http://www.institutmontaigne.org/blog/chine-la-strategie-de-2021

LES ENJEUX DE LA DÉFENSE FRANÇAISE 

 

1 – Général Blachon : « La subsidiarité dans le commandement est considérée comme un facteur du succès » (Défense, armée de terre)

Le général Bosser, chef d’état-major de l’armée de Terre, effectuera ce jour une visite de commandement à l’état-major de la 1re division à Besançon. Ce nouvel échelon est à l’image d’une armée de Terre engagée dans une profonde transformation destinée à l’adapter aux réalités opérationnelles et aux évolutions de son contrat opérationnel. A l’occasion de cette visite, le général Blachon, commandant la 1re division, explique la rénovation de sa chaine de commandement, faisant effort sur un niveau divisionnaire davantage responsabilisé.

Mon général, l’échelon divisionnaire a été mis en place à l’été 2016 dans le cadre du modèle « Au Contact ». Pouvez-vous nous dresser un point d’étape, 18 mois après ?

Après 18 mois, le constat est que la nouvelle organisation fonctionne correctement, que la division travaille sans difficulté avec le Commandement des forces terrestres (CFT), les autres commandements spécialisés, les brigades interarmes subordonnées et les éléments organiques de la force opérationnelle terrestre (EOFOT) rattachés.  Le niveau divisionnaire est redevenu, à l’instar du modèle conservé chez nos principaux alliés américains, britanniques et allemands, parfaitement visible. Echelon de commandement le plus élevé combinant à la fois un rôle opérationnel et organique, son principe de fonctionnement est l’autoportage qui lui permet de prendre à son compte l’essentiel du contrat opérationnel. La subsidiarité dans le commandement est considérée comme un facteur clé du succès.

Quelles sont les prochains grands-rendez-vous de l’état-major de  la 1re division ?

Nous débuterons l’année par l’évaluation de la 7e brigade blindée au cours de l’exercice Aurige, à Mailly, en janvier.  Puis, en mars, ce sera au tour de la 1re division d’être évaluée par le quartier général du Corps de réaction rapide – France (QG CRR-Fr), à l’occasion de l’exercice CITADEL GUIBERT qui, lui, se déroulera à Mourmelon.  En avril, la 1re division est en charge de conduire le STAFF RIDE (NDLR : étude in situ sur un champ de bataille) des forces terrestres, regroupant les généraux autour du Commandant des forces terrestres et avec des alliés. Cette activité se déroulera entre Besançon et la région de Colmar (Campagne des Vosges à l’Alsace 1944-1945).  Par ailleurs, à partir d’octobre 2018 et pour un an, nous armerons le poste de commandement interarmées de théâtre (PCIAT) Barkhane. Et enfin, en novembre 2018, nous participerons à l’exercice Trident Juncture, un entraînement de l’OTAN qui aura lieu en Norvège et regroupera plus de 30000 participants (dont 2000 à 4000 des forces terrestres). La finalité de cet exercice est la certification de l’eNRF3 2019 (Enhanced NATO response force).

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http://www.defense.gouv.fr/terre/actu-terre/general-blachon-la-subsidiarite-dans-le-commandement-est-consideree-comme-un-facteur-cle-du-succes

 

2 –  Le président Macron assure que la France maintiendra « fortement » son effort militaire au Sahel (Zone militaire, Laurent Lagneau)

Traditionnellement, avant les fêtes de l’année, le chef de l’État (et des armées) rend visite aux troupes françaises engagées sur un théâtre d’opérations extérieures. Le 22 décembre, le président Macron est ainsi allé à la rencontre des militaires affectés à Niamey (Niger), où sont concentrés une grande partie des moyens aériens de l’opération Barkhane. À cette occasion, M. Macron a salué « la force et le courage de femmes et d’hommes qui ont décidé de servir » ainsi que leur détermination à « remplir les missions » qui leur sont confiées. Mais au-delà de ces marques de reconnaissance, il a rappelé les principes qui guident l’action de la France dans la bande sahélo-saharienne (BSS). « Le Sahel est une priorité. C’est là que se joue notre sécurité. C’est là que se joue une partie de l’avenir du continent africain mais également sans doute une partie de notre avenir. Nous ne devons pas laisser le Sahel aux organisations terroristes que nous sommes en train, en ce moment même, de défaire au Levant », a dit M. Macron, après avoir de nouveau exprimé sa confiance aux militaires. « Et alors que dans quelques mois, je l’espère, nos armées, dans le cadre de la coalition internationale, gagneront sur le terrain, en zone irako-syrienne face à Daesh, je ne veux pas que nous cédions la moindre once de territoire aux forces terroristes jumelles dans le Sahel et le Sahara », a continué le président. Pour cela, l’action française dans la BSS repose sur la coordination des opérations militaires, en lien avec la mission des Nations unies au Mali (MINUSMA), la mission européenne EUTM MAli et la Force conjointe du G5 Sahel, avec l’aide au développement et les efforts diplomatiques. « Ce triptyque est la condition même de notre réussite. C’est ce qui nous permettra de gagner dans la durée. […] S’il n’y a pas de ligne claire sur le plan militaire et diplomatique, il n’y a pas d’action durable », a souligné M. Macron. Avec l’opération Serval, puis Barkhane, des « coups d’arrêts significatifs » ont été portés aux groupes jihadistes, lesquels ne sont désormais « plus capables d’ébranler un État », a affirmé le président. Mais, « dispersés en bandes mobiles », ces derniers « cherchent à frapper demanière asymétrique » dans un territoire désertique aussi vaste que l’Europe, où « le moindre acacia est une cache potentielle », a-t-il ajouté. Aussi, en 2018, « notre engagement ici sera plein et entier », a assuré M. Macron. « Parce que l’opération Barkhane est essentielle pour notre stratégie dans le Sahel et plus largement, l’année 2018 sera marquée par des priorités que nous redonnerons en fonction des évolutions de l’ennemi, de nos choix stratégiques et des évolutions politiques, a-t-il poursuivi. « Mais l’effort sera maintenu, fortement », a-t-il insisté.

12-2017

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http://www.opex360.com/2017/12/23/president-macron-assure-france-maintiendra-fortement-effort-militaire-sahel/

 

3 – Bercy va-t-il être le fossoyeur de la Loi de programmation militaire ? (La Tribune, Michel Cabirol)

Alors que la France est en guerre et des soldats en opération, Bercy souhaite limiter les dépenses des armées (Crédits : CHARLES PLATIAU) La loi de programmation des finances publiques, notamment l’article 14, va sérieusement limiter les marges de manœuvres budgétaires, et donc les investissements, du ministère des Armées. L’article 14 va vider de sa substance la prochaine loi de programmation militaire. Le président de la commission de défense de l’Assemblée nationale, Jean-Jacques Bridey, a mis en garde sur les conséquences de cet article sur la Défense. La France est en guerre. Bercy, lui, mène sa guerre contre le budget des Armées. Avec très certainement la complicité de l’Elysée et surtout d’une majorité parlementaire très inexpérimentée, le ministre chargé des Finances Gérald Darmanin a réussi à gagner une bataille décisive face aux militaires. Dans le cadre de la loi de programmation des finances publiques, votée dans la nuit de vendredi à samedi, Bercy dispose désormais d’une arme de dissuasion massive avec l’article 14 pour empêcher les armées d’investir pour la défense de la France quand bon lui semblera. Cet article pourra être utilisé comme une arme pour vider de sa substance la prochaine loi de programmation militaire et pour apurer d’un coup de sécateur les reports de charge portés par le ministère des Armées. Très clairement, c’est désormais Bercy qui va décider par exemple du renouvellement ou non de la dissuasion nucléaire sous le seul prisme budgétaire. C’est ce qu’a expliqué le président de la commission de défense de l’Assemblée nationale, Jean-Jacques Bridey: « Alors que la mesure est censée être vertueuse du point de vue des finances publiques, le plafonnement trop rigide des restes à payer (engagements budgétaires pris par l’Etat, ndlr) pourrait empêcher la réalisation d’économies d’échelle dans le cadre de commandes globales ». Un comble… « Par exemple quand il s’agira d’engager une commande groupée pour nos quatre sous-marins nucléaires lanceurs d’engins garants de la sécurité nationale, il est évident que le prix demandé par nos industriels ne sera pas le même s’il s’agit de procéder à quatre commandes étalées dans le temps ou un seul marché groupé », a-t-il précisé.

Jean-Jacques Bridey contre l’article 14

Que dit l’article 14? Il pose le principe « de stabilisation du montant des restes à payer (engagements) de l’État pour chacune des années 2018 à 2022, par rapport au niveau atteint en 2017 ». Un principe de bon sens, mais dont le ministère des Armées aurait dû être exempté au regard de son poids stratégique (renouvellement des équipements liés à la dissuasion, défense antimissile, renseignement…). Au 31 décembre 2016, les engagements pris par l’Etat – les désormais fameux restes à payer – s’élevaient à 106,8 milliards d’euros, dont 47% provenant de la mission Défense (50 milliards d’euros, dont 35 milliards pour les équipements militaires). L’article 14 a donc fait grincer les dents, y compris jusque chez les députés de la majorité. Et pas des moindres. Ainsi, pour Jean-Jacques Bridey, il présente ni plus ni moins « un risque sérieux de remise en question de nos ambitions stratégiques telles qu’elles ont été élaborées de façon consensuelle dans la revue stratégique et telles que nous aurons à les traduire dans nos débats de la programmation militaire ». Pour autant, la majorité l’a votée en dépit de la mise en garde du président de la commission de défense de l’Assemblée nationale… Dans un tweet daté du samedi 16 décembre, le député Les Républicains François Cornut-Gentille, rapporteur spécial sur le budget des Armées (préparation de l’avenir), a estimé pour sa part que c’était un « cinglant camouflet infligé cette nuit (dans la nuit de vendredi à samedi, ndlr) par Bercy au ministère des Armées, via  la loi de programmation des finances publiques : la majorité LREM (La République en Marche, ndlr) a privé la future loi de programmation militaire de tout levier budgétaire ».

Le Sénat était contre

Le Sénat a adopté en séance deux amendements qui prévoient que la stabilisation des « restes à payer » ne s’applique pas aux dépenses du ministère des armées, à l’exclusion de celles portées par la mission Anciens combattants. Présentés par plusieurs membres du groupe Les Républicains, ces deux amendements ont recueilli un avis favorable du rapporteur général de la commission des finances mais défavorable du gouvernement. Mais à l’Assemblée nationale, les députés ont à leur tour dans la nuit de vendredi à samedi adopté un nouvel amendement présenté par le gouvernement réintégrant le ministère des Armées dans le plafonnement des « restes à payer ». Jean-Jacques Bridey n’a pas voté cet amendement. C’est François Cornut-Gentille, qui avait révélé, fin octobre lors de la discussion budgétaire, la portée « insidieuse » de l’article 14 gelant les restes à payer pour les années à venir au montant de celui de 2017. « Dans ces conditions, la modernisation des équipements militaires au cœur de la prochaine loi de programmation militaire risque d’être sérieusement mise à mal, avait fait observer le député Les Républicains. En effet, les équipements militaires obéissent à une logique pluriannuelle incompatible avec le couperet de l’article 14″.

Retrouvez l’intégralité de l’article avec ce lien :
https://www.latribune.fr/entreprises-finance/industrie/aeronautique-defense/bercy-va-t-il-etre-le-fossoyeur-de-la-loi-de-programmation-militaire-761987.html

INDUSTRIE ET ÉCONOMIE 

 

1 – L’œil du Scorpion (TTU Online)

Une fois n’est pas coutume, le 1er décembre dernier, une délégation de l’ambassade des Etats-Unis, menée par le lieutenant-colonel Naylor de l’US Army, a été reçue à la DGA pour acquérir un équipement baptisé Antarès, réalisé par l’entité optronique de Thales, TOSA. Conçu il y a dix ans dans le cadre d’un projet personnel d’un ingénieur, et remarqué par un ancien de l’Onera, J.-C. Fontanella, le projet Antarès cherchait à proposer une solution alternative et low cost aux systèmes de protection des blindés utilisant plusieurs caméras disposées autour du véhicule, mais surtout une régie vidéo pour en assurer le dispatching auprès de l’équipage. Antarès n’utilise, lui, qu’un seul capteur, mais une lentille spéciale permet de filmer l’environnement du blindé sur 360° avec une résolution de 5 mégapixels. Un petit logiciel adresse ensuite en temps réel les champs de vision nécessaires à la mission du pilote, de l’artilleur et du chef de char. Légère, plug and play, adaptable à tous types de plateformes, offrant la vision de nuit, cette solution trop avant-gardiste n’avait pas retenu l’attention et sombre peu à peu dans l’oubli. C’est alors que le bouche à oreille prend le relais. D’abord avec le général Gomard, qui en parle à la STAT, puis avec l’Onera, qui pousse à son tour le sujet auprès de la DGA. Au final, et à la demande des opérationnels, Antarès intègre l’offre Thales pour le programme Scorpion. Il sera ensuite présenté à la délégation militaire américaine et à Donald Trump en personne lors du défilé du 14-Juillet dernier. En dehors d’une longue liste de questions techniques, le lieutenant-colonel Naylor a refusé de s’exprimer sur la quantité et la nature des plateformes qui pourraient accueillir Antarès. Mais l’US Army cherche depuis plusieurs mois une solution pour renforcer la protection des 5 000 véhicules blindés Stryker vulnérables en combat urbain et dans les scénarios de guerre hybride. D’ailleurs le système MCRWS de Kongsberg, qui commande la tourelle et le canon de 30 mm des Stryker, offre un bus d’entrée/sortie compatible avec Antarès. 

Retrouvez l’intégralité de l’article avec ce lien :
https://www.ttu.fr/loeil-du-scorpion/

 

2 – Chine : la pensée Xi Jinping veut plus d’ouverture économique et moins de pollution (La Tribune)

 Les engagements révélés mercredi ont été faits en vertu de la « Pensée Xi Jinping de l’économie socialiste à la chinoise de la nouvelle ère »: un terme inédit qui semble indiquer la mainmise grandissante du président sur l’économie, un sujet jadis dévolu au Premier ministre. La Chine, qui devrait enregistrer une croissance de 6,8% cette année, prévoit une plus large ouverture de son marché et une augmentation de ses importations, tout en intensifiant sa lutte contre la pollution, selon les recommandations de la conférence économique annuelle du Parti communiste chinois. La Chine a conclu mercredi une importante réunion économique en promettant d’ouvrir davantage son marché, de renforcer ses importations ou encore de lutter contre la pollution atmosphérique qui frappe ses villes. La conférence économique annuelle du Parti communiste chinois (PCC), organisée durant trois jours à huis clos à Pékin, était l’occasion de passer en revue les précédentes politiques et d’envisager celles de 2018. « La Chine s’engage à augmenter ses importations et à réduire ses droits de douane pour certains produits afin de promouvoir un commerce équilibré », a indiqué l’agence Chine nouvelle dans un compte-rendu officiel. La réunion a également souligné le besoin pour le pays « d’accroître l’ouverture sur le monde extérieur » et « d’étendre de façon substantielle » l’accès à son marché, selon la même source.

Tensions commerciales avec les Etats-Unis

Des promesses qui pourraient contribuer à apaiser les tensions commerciales avec les Etats-Unis, particulièrement épineuses depuis l’arrivée au pouvoir début 2017 du président américain Donald Trump. Son administration a lancé un nombre record d’enquêtes commerciales ou de droits compensateurs sur les produits chinois, de l’aluminium au bois contreplaqué. L’appel à stimuler les importations intervient également à l’heure où Pékin compte rééquilibrer son modèle économique vers la consommation intérieure, au détriment des exportations et des investissements publics, qui ont dopé la croissance mais lourdement endetté le pays.

Une dette totale représentant 250% du PIB

La colossale dette chinoise (publique et privée), qui dépasse 250% du PIB, continue de gonfler, provoquant l’inquiétude des agences de notation comme du FMI, qui dénoncent une croissance économique toujours dopée au crédit.

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https://www.latribune.fr/economie/international/chine-la-pensee-xi-jinping-veut-plus-d-ouverture-economique-et-moins-de-pollution-762452.html

 

3 – Comment Trump met en danger l’OMC (Télos, Zaki Laïdi)

La question de savoir si la Chine est une économie de marché n’est nullement théorique. Elle est aujourd’hui au cœur d’un débat majeur qui a lieu à l’OMC et qui, s’il venait à dégénérer, pourrait conduire au retrait américain de l’OMC. Dans le protocole d’accès de la Chine à l’OMC signé en 2001, il avait été convenu que la Chine ne pourrait être considérée comme une économie de marché qu’au terme d’une période de transition de 15 ans. La Chine estime aujourd’hui cette transition achevée et sa reconnaissance en tant qu’économie de marché, à la fois légitime et légale. Une interprétation que les États-Unis et, dans une moindre mesure, les Européens récusent. Sur le fond, cela permet à ses partenaires commerciaux d’utiliser plus facilement des instruments de défense commerciale, et notamment le recours aux instruments antidumping. Cela se comprend. Si l’économie chinoise est subventionnée de manière excessive par l’État, il est en effet normal que ses partenaires se protègent légalement. La Chine a donc aujourd’hui tout intérêt à être reconnue comme économie de marché pour précisément priver ses concurrents d’instruments de protection dans certains secteurs comme la sidérurgie. Pourtant, bien que d’accord entre eux, Américains et Européens ne réagissent pas tout à fait de la même manière. Trump utilise cette affaire pour engager une épreuve de force avec l’ensemble du système commercial multilatéral. Car si en 2019, l’OMC venait à donner raison à la Chine et à reconnaître l’automaticité de son accès au statut d’économie de marché, il est très probable que les États-Unis se retireraient de l’OMC ou cesseraient de reconnaître la légitimité de sa justice commerciale – qui est par ailleurs dans le viseur américain depuis de très nombreuses années. Mais cette offensive s’est intensifiée depuis l’arrivée au pouvoir de Trump qui combat l’OMC de l’extérieur et de l’intérieur. De l’extérieur en faisant valoir que son rôle est globalement négatif pour les États-Unis même si ceux-ci ont obtenu satisfaction sur 90% des dossiers qu’ils ont déposés devant la juridiction commerciale (voir l’article d’Antoine Bouet). De l’intérieur en bloquant la nomination de nouveaux juges de la cour d’appel de l’OMC pour paralyser l’instrument majeur de cette organisation qu’est l’organisme de règlement des différends. L’Europe a choisi une voie différente car elle sait que la préservation du système multilatéral de l’OMC est pour elle une question absolument vitale. Pour autant elle mesure bien que la Chine présente un danger dans la mesure où elle contrevient très clairement à un certain nombre de règles de réciprocité commerciale. Par rapport à la question de la clause de l’économie de marché, l’Europe a donc décidé d’adopter une nouvelle méthodologie qui abandonne le principe de reconnaissance d’une économie de marché au profit d’une mesure des produits importés et cela quel que soit le pays d’origine. Bruxelles sait que sur le fond l’OMC peut donner satisfaction à la Chine. Mais elle sait en même temps qu’elle ne saurait baisser sa garde face à Pékin. Est-ce que cette nouvelle méthodologie protégera mieux l’Europe que l’ancienne ? La question est ouverte. Généralement lorsqu’un pays reconnaît un autre en tant qu’économie de marché, les mesures de protection antidumping ont tendance à baisser même s’il existe des exceptions à cette règle. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle les américains n’envisagent nullement de bouger. Pour autant, cette nouvelle méthodologie européenne ne la privera pas de ressources pour contrer la Chine puisqu’il existe d’autres instruments de défense commerciale et notamment les mesures de sauvegarde. De surcroît le vrai sujet avec la Chine porte sur les investissements : difficulté des Européens à investir dans un pays qui favorise délibérément ses champions nationaux, et nécessité pour les Européens de se protéger contre des prises de contrôle chinoises dans des secteurs stratégiques en Europe. En toute logique l’Europe devrait faire front commun avec les États-Unis pour contrer la Chine. Car sur le plan commercial leurs griefs sont identiques.

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https://www.telos-eu.com/fr/economie/comment-trump-met-en-danger-lomc.html

 

GRANDS PROBLÈMES DE DÉFENSE 
ET DE SÉCURITÉ

 

1 – Fin des énergies fossiles et environnement énergétique international : contradiction ou réalisme ? (IRIS, le point de vue de Francis Perrin)

L’adoption par l’Assemblée nationale ce 19 décembre d’un texte portant sur la fin de l’exploration et de l’exploitation d’hydrocarbures sur le territoire français pour 2040 revêt une dimension à la fois politique et symbolique, la France souhaitant endosser le rôle de leadership mondial de la croissance verte. Ce volontarisme se heurte pourtant aux réalités d’un environnement international où les énergies fossiles sont et seront encore en amont de la stratégie des acteurs étatiques et des grandes firmes du secteur de l’énergie. L’analyse de Francis Perrin, directeur de recherche à l’IRIS.

Quels étaient les enjeux de l’adoption de ce texte entérinant la fin de la recherche et l’exploitation des hydrocarbures produits en France à horizon 2040 ?

Il faut replacer ce texte dans un ensemble, le plan d’action sur le changement climatique, qui a été présenté par les autorités françaises et notamment le ministère de la Transition écologique et solidaire en juillet 2017. Ce plan vise à mettre la France en situation de contribuer à la mise en œuvre de l’Accord de Paris issu de la COP 21 qui s’est tenue en France il y a deux ans. Très clairement, le président Emmanuel Macron, son gouvernement et Nicolas Hulot, ministre de la Transition écologique et solidaire, veulent placer la France en pôle-position parmi les pays qui mettent en œuvre l’Accord de Paris. On parle actuellement du pays comme l’un des leaders de l’économie verte et c’est dans ce cadre qu’est intervenu ce projet de loi, qui vient d’être adopté par le parlement français, visant à interdire l’exploration et l’exploitation des hydrocarbures, pétrole et gaz naturel. Il y a des enjeux environnementaux et climatiques auxquels s’adossent des enjeux symboliques et politiques. Ils sont également industriels. Il faut montrer que la France possède les capacités lui permettant d’être l’un des leaders de la croissance verte. La France doit jouer un rôle d’exemple et entraîner dans son sillage d’autres pays. Cependant il faut relativiser le caractère « exemplaire » qui est recherché par deux considérations. Tout d’abord, la France a une production d’hydrocarbures très marginale puisqu’elle ne représente que 1% de sa consommation nationale. Enfin, la production pétrolière française ne représente que 0,02% de la production pétrolière mondiale. De ce point de vue, il est douteux qu’un pays avec une si faible production de pétrole et de gaz puisse être un exemple par rapport à des dizaines d’autres Etats dans le monde qui sont de grands ou moyens producteurs de pétrole et de gaz naturel. Il est évident que, pour ces pays, les hydrocarbures représentent un enjeu autrement plus important que ce qu’ils représentent pour la France si l’on met de côté notre potentiel en gaz de schiste, qui est sans doute significatif, et le pétrole conventionnel d’Outre-mer avec notamment la découverte en 2011 d’un gisement pétrolier au large de la Guyane française.

N’y a-t-il pas un contraste entre la volonté des décideurs politiques de faire de la fin des hydrocarbures un objectif prioritaire, et une conjoncture économique marquée par une hausse du prix du baril et de la demande et notamment une production mondiale qui devrait augmenter ces prochaines années ?

Il est clair que les énergies fossiles sont encore bien vivantes. Il est donc prématuré de rédiger leur acte de décès. On a souvent tendance à dire que ce sont des énergies du passé mais la réalité est qu’il s’agit d’énergies du passé, du présent et, dans une certaine mesure, de l’avenir également. Il faut toujours partir de la réalité actuelle : le pétrole, le gaz et le charbon représentent de l’ordre de 85% de la consommation mondiale d’énergie aujourd’hui. Par conséquent, ces sources seront encore là et à un niveau important pour des dizaines d’années. C’est donc une chose d’affirmer des ambitions très élevées dans le domaine de la lutte contre le réchauffement climatique, c’en est une autre de penser que l’on peut, dans un horizon de court/moyen terme, passer d’un monde dominé par les énergies fossiles à un monde où ce seraient les énergies renouvelables qui domineraient. Nous sommes bien dans une période de transition énergétique mais celle-ci a commencé récemment. Elle va prendre du temps et, évidemment, les énergies fossiles joueront un rôle important dans cette transition, en particulier le gaz naturel.

Retrouvez l’intégralité de l’article avec ce lien :
http://www.iris-france.org/104524-fin-des-energies-fossiles-et-environnement-energetique-international-contradiction-ou-realisme/

 

2 – La guerre par en bas, la guerre par en haut (The Conversation, Bénédicte Chéron)

*Historienne, chercheur-partenaire au SIRICE, Université Paris-Sorbonne – Sorbonne Universités

Deux livres sont parus au mois de novembre que beaucoup de choses distinguent mais qu’un point réunit : ils sont tous les deux écrits par des militaires.L’un est signé du général de Villiers, ancien chef d’état-major des armées. Son nom est devenu connu des Français qui jusque là l’ignoraient quand il a démissionné de ses fonctions, en juillet dernier ; il estimait que les conditions pour remplir correctement sa mission n’étaient plus réunies. Difficile d’échapper à cette publication : le livre, publié chez Fayard, trône dans les vitrines étiquetées best-seller des points de vente des gares de France. A la fin du mois de novembre, Servir était en tête du classement L’Express/RTL des essais. Après l’abondante couverture médiatique de la sortie du livre, qui a donné lieu à des très nombreuses interviews de son auteur, est venu le temps de la couverture médiatique du succès du livre. L’autre ouvrage est écrit par le commandant Jean Michelin. Capitaine en Afghanistan en 2012, il a tiré de cette expérience un récit paru chez Gallimard sous le titre de Jonquille (de l’indicatif de sa compagnie) dans la prestigieuse « Collection blanche ». La sortie du livre a été moins fracassante dans les médias que celle de Servir, mais sa qualité est saluée par tous ceux qui l’ont lu et ont bien voulu en parler, y compris sur les réseaux sociaux.

 La question du sens

 Servir et Jonquille, dans des genres et sur un ton radicalement différents parlent de la guerre, qu’on parvienne à éviter de la faire ou qu’on s’y livre finalement. Le général de Villiers, sans aucune espèce de polémique, la raconte par en haut. Il dessine les grandes lignes des enjeux militaires des années à venir. Il soulève la question du sens et de la cohérence des missions confiées aux armées, qu’elles ne peuvent jamais refuser puisqu’elles sont précisément là pour servir, et des moyens qu’on leur donne pour les remplir. Il raconte aussi, au détour des chapitres, ce que fut son expérience du commandement, de ses jeunes années d’officier tout juste sorti de Saint-Cyr au plus haut de la chaîne hiérarchique. Jean Michelin raconte, lui, la guerre par le bas, par le peu qu’il voit de l’Afghanistan entre Nijrab et Tagab. Le récit, resserré et sans fioriture, a quelque chose du « rapport de gendarmerie » que voulait offrir Pierre Schoendoerffer avec La 317e section. Les faits d’armes sont rares, comme toujours dans les guerres de ce type, ce que l’on oublie trop souvent tant notre imaginaire est saturé de fiction américaine à grand spectacle. Il raconte l’ordinaire, les bières, la musique, les coups de blues et les blagues lourdes. Comme Schoendoerffer plaçait sa caméra à hauteur d’hommes, Jean Michelin a tenu sa plume au ras du sol et des cailloux, là où se cachent les IED (engins explosifs improvisés) qui blessent et tuent ses hommes, là où vivent ces Afghans qu’il nous donne aussi peu à voir que Schoendoerffer ne le faisait avec les combattants Vietminh de l’ancienne Indochine.

Retrouvez l’intégralité de l’article avec ce lien :
https://theconversation.com/la-guerre-par-en-bas-la-guerre-par-en-haut-89265

 

3 – Connaître son métier (ASAF, la rédaction) 

«La plus grande immoralité c’est de faire un métier que l’on ne connaît pas » (Napoléon).

Où monsieur Emmanuel Macron a-t-il appris le métier de chef des Armées que lui confère la Constitution ? À l’ENA ? Non ! Dans la banque Rothschild ? On peut en douter. Lorsqu’il était ministre de l’Économie, de l’Industrie et du Numérique ? Il est fort à parier qu’alors les questions de Défense ne lui sont apparues qu’à travers le poids du budget qui leur était consacré. Pour la première fois dans l’histoire de la Ve  République, le chef de l’État n’a eu, semble-t-il, avant de le devenir, aucun contact avec la chose militaire si ce n’est à travers quelques échanges avec monsieur Le Drian et son équipe de conseillers… À l’heure où un débat est ouvert sur le rétablissement d’une forme quelconque, qui reste à définir, de service national universel qui impliquerait les armées et qui fut sans doute suggérée, bien imprudemment, au candidat Macron par l’un de ces conseillers, ne conviendrait-il pas d’abord de réfléchir au moyen de donner à nos élites une instruction militaire minimale ? Sous la Ve  République, précisément, a existé, jusqu’en 1972, l’obligation pour les élèves de certaines grandes écoles, en particulier d’ingénieurs, de recevoir, dans le cadre de leur scolarité, une instruction militaire obligatoire, en abrégé une IMO. Ceux qui la recevaient, et qui de ce fait, étaient désignés sous le titre d’IMO, voyaient inscrite à leur emploi du temps une demi-journée d’instruction militaire par semaine qui leur était délivrée in situ dans leur établissement par des cadres des armées ou lors de visites dans des unités militaires. Ils devaient en outre, lors de leurs vacances scolaires d’été, effectuer une «période militaire» de trois semaines. Ces IMO effectuaient ensuite leur service militaire en suivant un stage en école d’application puis en étant affectés dans les unités comme sous-lieutenants. Il est urgent d’appliquer à nouveau aujourd’hui ce principe, sous une forme atténuée, en insérant, au minimum et systématiquement dans les programmes des élèves des grandes écoles, pas seulement scientifiques mais aussi du type Sciences-Po et, au premier chef de l’ENA, un certain nombre de conférences consacrées au monde de la Défense et faites par des militaires, et en organisant des séjours dans les unités des trois armées. Plutôt que de vouloir instituer un service obligatoire et qui se voudrait universel mais dont on voit bien qu’il s’adresserait d’abord aux plus démunis (comme c’était d’ailleurs devenu le cas du service militaire avant sa suspension) car, fort heureusement et pour reprendre les termes du candidat Macron, tous les jeunes Français ne sont pas désocialisés, en difficulté ou illettrés, il conviendrait plutôt de faire prendre conscience à nos élites des enjeux en matière de Défense de telle façon que, en situation de responsabilité, ils prennent des décisions en connaissance de cause.

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