• ACTUALITÉS INTERNATIONALES
  • LES ENJEUX DE LA DÉFENSE FRANÇAISE
  • INDUSTRIE ET ÉCONOMIE
  • GRANDS PROBLÈMES DE DÉFENSE ET DE SÉCURITÉ 

Jacques Raimond

 

  • ACTUALITÉS INTERNATIONALES :
  1. One Planet Summit : coup médiatique ou réelle avancée ?
  2. Emmanuelle Maître : quel avenir pour l’accord nucléaire iranien ?
  3. Comment l’Iran est en train de réussir sa patiente stratégie d’encerclement d’Israël et de l’Arabie saoudite.
  • LES ENJEUX DE LA DÉFENSE FRANÇAISE :
    1. Avion de combat franco-allemand : le chef d’état-major des armées évoque une coopération « déséquilibrée »
    2. Echanges fructueux mors de la 2ème édition des rencontres #RH Terre
    3. Plan de modernisation du MCO aéronautique : la fin du « payer plus pour voler moins » ?
  • INDUSTRIE ET ÉCONOMIE :
    1. La Chine joue plus que jamais la carte de l’ouverture économique mondiale
    2. Penser la numérisation
    3. La France veut se prémunir contre les satellites espions 
  • GRANDS PROBLÈMES DE DÉFENSE ET DE SÉCURITÉ :
    1. La France a-t-elle définitivement perdu le contrôle de son industrie ?
    2. Coopération en matière de défense : le Conseil établit une coopération structurée permanente, avec 25 états membres participants
    3. Au Mexique, la guerre sans fin de l’armée contre les cartels

 

ACTUALITÉS INTERNATIONALES

 

  • 1 – One Planet Summit :  coup médiatique ou réelle avancée ? (IRIS, interview de Bastien Alex)

    Le One Planet Summit qui s’est déroulé à Paris ce 12 décembre est un sommet visant à réunir les parties prenantes de l’Accord de Paris sur le Climat : chefs d’Etat et délégations gouvernementales, bailleurs publics et privés internationaux. A l’initiative d’Emmanuel Macron, de l’ONU et de la Banque mondiale, l’enjeu était de remobiliser les acteurs après une COP 23 mitigée. Le point avec Bastien Alex, chercheur à l’IRIS

    .Avec le One Planet Summit, Emmanuel Macron ne vient-il pas davantage conforter sa stature de garant du multilatéralisme plutôt que celle de leader de la cause climatique ? Cela ne vient-il pas contraster avec la politique environnementale qu’il mène à l’échelle nationale ?

    Ce sommet, co-organisé avec l’ONU et la Banque mondiale, lui a effectivement permis de continuer de se positionner en élément dynamique de la scène internationale. Le président entend prendre la place laissée vacante par Obama et, sur le plan climatique, redorer le blason de l’UE qui été un peu en retrait ces dernières années, notamment après la COP21. Il conforte certes sa posture de pilier du multilatéralisme mais pour celle de leader climatique, c’est plus complexe. Emmanuel Macron, en annonçant vouloir faire de cet évènement qui n’était au départ qu’un sommet visant à célébrer les deux ans de la signature de l’Accord de Paris, un rendez-vous pérenne, prend le risque de donner l’impression de marginaliser la COP qui poursuit tout de même des objectifs similaires. S’il voulait empêcher ce sentiment, la présence de chefs d’Etat qui ne s’étaient pas déplacés à la COP23 du 6 au 17 novembre lui donne tort, comme sa volonté de parler le premier avant Antonio Gutierres. Il serait sans doute plus judicieux de proposer son inclusion à terme dans la COP, en tant qu’évènement important et marquant d’une journée. Cela éviterait aussi les débats sur la multiplication des sommets, sur leur coût et leur empreinte carbone. A ce titre, le dispositif mobilisé par le roi du Maroc pour sa venue a été épinglé (plusieurs avions de transport Hercule apportant les effets du Roi). Quant à la comparaison avec sa politique nationale, il est toujours plus facile de tenir des propos vertueux en conférence internationale qu’en faire des lignes directrices au niveau national, où le président reste plus prudent et qualifie sa position de réaliste, terme que Nicolas Hulot a aussi employé pour justifier l’annonce du report de la sortie du nucléaire.

    Le partenariat public/privé comme mode de gouvernance dans la lutte pour la préservation du climat a été mis à l’honneur avec la présence de représentants de groupes financiers et bailleurs internationaux ainsi que des promesses chiffrées de plusieurs dizaines de milliards d’euros. Ces engagements vont-ils dans le bon sens ? Ne s’agit-il pas avant tout de dynamiser la reprise économique mondiale par  un label « green growth » ?


  • Ce genre de sommet ne vise pas à réviser les fondements du modèle de développement et de croissance capitaliste. Il faut le prendre pour ce qu’il est : un regroupement d’acteurs économiques désireux de faire un pas dans la transition, aussi bien écologique qu’énergétique mais avec le souci de soutenir des activités porteuses de rentabilité. Le secteur privé est prêt à s’engager sur cette voie car elle est la seule lui garantissant sa survie à terme. C’est comme cela qu’il faut interpréter l’initiative French Business Climate Pledge qui regroupe près d’une centaine d’entreprises françaises affichant leur volonté d’investir pour la transformation des sociétés et un modèle moins carboné. Si cela peut permettre une réduction des émissions de gaz à effet de serre, c’est donc une première satisfaction mais il ne faut pas s’attendre à ce que soient abordés en profondeur, lors de ce type de sommet, des sujets aussi profonds que le mode de vie et de consommation occidental ou la confusion entre croissance et développement. A partir de là, on peut dire que cela va dans un sens moins mauvais, quant à savoir s’il s’agit du bon, c’est là une question d’une toute autre ampleur. Les montants annoncés par le secteur privé sont toutefois importants.

    Retrouvez l’intégralité de l’article avec ce lien :
    http://www.iris-france.org/104364-one-planet-summit-coup-mediatique-ou-reelle-avancee/

     

    2 –  Emmanuelle Maître : quel avenir pour l’accord nucléaire iranien ? (Diploweb, Emmanuelle Maître, Estelle Menard, Fabien Herfbert, Pierre Verluise)

    Emmanuelle Maitre est chargée de recherche à la Fondation pour la recherche stratégique (FRS). Propos recueillis par Pierre Verluise, docteur en géopolitique et fondateur du Diploweb.com. Images, son et montage : Fabien Herbert. Résumé Estelle Ménard.

    Quel peut être l’avenir de l’accord au sujet du nucléaire iranien signé en 2015 quand le président des Etats-Unis Donald Trump ne cesse de menacer de le dénoncer ? Emmanuelle Maitre, chargée de recherche à la Fondation pour la recherche stratégique (FRS) répond clairement aux questions de Pierre Verluise, fondateur du site Diploweb.com. (12 minutes)

    QUESTIONS
    . Quelles sont les idées fausses sur l’accord nucléaire iranien (2015) [1
    . Quelles sont les idées à retenir concernant l’accord sur le nucléaire iranien ?
    . Quels sont les évènements importants à suivre prochainement au sujet de l’accord du nucléaire iranien ?

    Résumé par Estelle Ménard pour Diploweb.com

    En 2015 est signé un accord historique sur le nucléaire iranien, très vite politisé par ses opposants et ses défenseurs. Ces derniers seraient responsables de la propagation d’une première idée fausse. En effet, il est erroné de croire que l’accord règlerait pour de bon le problème de la prolifération nucléaire. D’une part, l’Iran pourrait très bien ne pas honorer ses engagements, comme il l’a déjà fait dans le passé. D’autre part, l’accord est limité dans le temps et ne permet pas de se prononcer sur le long-terme. Par ailleurs, il faut se détacher de l’idée que l’accord puisse résoudre tous les problèmes que rencontre la communauté internationale dans ses relations avec l’Iran (missiles balistiques, Hezbollah, etc.). Une dernière idée fausse émane du côté des opposants : il est faux de croire que l’accord ne profiterait qu’à l’Iran, car cette ouverture sur l’international lui impose en effet des contraintes, en échange du développement économique et social qu’elle peut lui permettre. Cet accord est donc un compromis et un réel pari pour l’Iran. C’est une première idée à retenir, car l’Iran mise sur son ouverture économique en renonçant à son programme nucléaire. Il faut également se rendre compte que cet accord vise à ce que soit limitée l’accumulation de matière nucléaire fissile pour que l’Iran ne puisse pas développer d’arme nucléaire. Quand bien même que l’Iran sortirait de l’accord, cela lui prendrait plus d’un an – une période considérable dans l’univers du nucléaire – pour transformer la matière fissile à des fins militaires. Il est aussi important de comprendre que l’accord impose des restrictions sur une durée limitée, prenant fin en 2040. Dès lors que l’Iran retournera sur un régime commun, il sera tout de même soumis au Traité de non-prolifération et à des inspections de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AEIA). Enfin, il faut retenir que cet accord est spécifique à la situation iranienne. Il ne serait pas possible de le répliquer avec la Corée du Nord, qui disposerait déjà d’une arme nucléaire au moment des négociations, ce qui n’était pas le cas de l’Iran. De la même manière, il serait très difficile de généraliser ces restrictions au reste de la communauté internationale.

    Retrouvez l’intégralité de l’article (et la vidéo) avec ce lien :
    https://www.diploweb.com/Video-Emmanuelle-Maitre-Quel-avenir-pour-l-accord-nucleaire-iranien.html

     

    3 – Comment l’Iran est en train de réussir sa patiente stratégie d’encerclement d’Israël et de l’Arabie saoudite (Atlantico, Thierry Coville)

    Avec les victoires des armées gouvernementales syriennes et irakiennes et la rébellion des rebelles Houthis au Yemen, la position de l’Iran s’est indéniablement renforcée au Moyen-Orient.

    Suite à la décision prise par Donald Trump de reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël, le président des Etats Unis a pu être accusé de renforcer la position de Téhéran dans la région. Selon un article publié le 21 novembre dernier par Foreign Policy « Téhéran est en train de gagner la guerre pour le contrôle du Moyen Orient ». Cette situation d’hégémonie régionale se traduit-elle dans les faits ? En quoi l’Iran afficherait aujourd’hui une position « d’encerclement » de la région ? Quelles sont ces positions ?

    Je pense qu’il est faux de parler d’hégémonie régionale de l’Iran. Ce qui est une réalité est que la position régionale de l’Iran s’est renforcée ces dernières semaines avec les victoires des armées gouvernementales syriennes et irakiennes. L’Iran a été un acteur décisif dans ces deux conflits. En Irak, les Iraniens ont envoyé des groupes de Pasdaran qui ont encadré les milices chiites qui ont joué un rôle décisif dans la lutte contre Daech. En Syrie, les Pasdaran ont également encadré les milices chiites qui ont également, avec le Hezbollah, été un acteur déterminant (avec l’aviation russe) dans les victoires contre les groupes d’opposition, et notamment Al Nosra et Daesh. Cela signifie-t-il que l’Iran contrôle la région ? Il est vrai que les Iraniens tiennent à développer une influence en Irak parce qu’ils veulent absolument qu’un pouvoir chiite gouverne ce pays. Les Iraniens n’ont pas oublié les huit ans de guerre avec l’Irak de Saddam Hussein. Par ailleurs, les autorités irakiennes savent ce qu’elles doivent à l’Iran dont l’aide, on vient de le dire, a été décisive dans la lutte contre Daesh. Mais, d’un autre côté, il existe un nationalisme irakien. Les sunnites irakiens (près de 25 % de la population) vont rester opposés à la présence iranienne mais même chez les chiites Irakiens, on peut penser qu’il y a une réticence à une trop grande présence iranienne. Il faut noter également que le chef religieux des chiites irakiens, l’Ayatollah Sistani, s’est toujours ainsi opposé au principe de velayat-e faqih qui, en Iran, légitime la supériorité du religieux sur le politique. Les iraniens savent qu’également, à terme, l’Irak devra également développer des relations économiques et politiques avec l’Arabie Saoudite. On voit donc que même si les chiites représentent la majorité de la population irakienne (plus de 50 %), il est faux de dire que l’Iran contrôle l’Irak. L’Irak est donc important pour l’Iran car les Iraniens veulent qu’un gouvernement chiite contrôle l’Irak. L’Irak est également devenu le deuxième marché de l’Iran pour ses exportations non pétrolières, ce qui signifie que l’Iran, qui doit développer ses exportations non pétrolières, a besoin de stabilité dans la région. Donc, il y a une influence iranienne en Irak, qui a ses limites et se réduira à terme. Très clairement, l’aide iranienne a été décisive dans la victoire des forces gouvernementales en Syrie. Que va faire l’Iran de cette victoire ? Il est trop tôt pour le dire. Les autorités iraniennes et notamment le ministre des affaires étrangères, Mohammad Djavad Zarif, répètent que ce sera à la population syrienne de décider à terme qui seront ses dirigeants. Néanmoins, on sait également que les Iraniens voient la Syrie comme un pays clé pour soutenir le Hezbollah. On sait également que les Pasdaran veulent établir des bases militaires en Syrie. Quelle va être l’influence iranienne en Syrie ? Elle sera sûrement importante mais tout dépendra du déroulement des négociations futures pour la mise en place d’un nouveau pouvoir en Syrie. Par ailleurs, il faudra voir quelles seront les relations à terme entre le « nouveau » pouvoir syrien et l’Iran. Enfin, au Yémen, si l’Iran soutient officiellement les Houthis, cette aide reste a priori, très limitée. Le soutien aux Houthis est pour les Iraniens un moyen de faire pression sur l’Arabie Saoudite. Mais très clairement, il n’existe pas de plan iranien de contrôler à terme le Yémen. Plutôt qu’une prise de contrôle du Moyen-Orient par l’Iran, il faut plutôt parler d’échec de la stratégie saoudienne dans leur affrontement géopolitique avec l’Iran. Plus particulièrement, le soutien saoudien aux groupes salafistes comme Al Nosra en Syrie a conduit à une impasse du fait de la résistance militaire sur le terrain mais aussi de la prise en compte du côté occidental (un peu tard il est vrai) des dangers induits à terme par la victoire en Syrie de groupes de ce type.

    Comment cette position hégémonie a-t-elle été acquise par Téhéran ? S’agit-il plus du résultat d’une politique en ce sens, ou plutôt du résultat de circonstances particulières en place depuis la guerre d’Irak de 2003 ?

    Effectivement, il n’y a jamais eu de plan iranien préparé à l’avance. En 2003, il faut rappeler que même si l’Iran était le pays dans la région qui avait le plus souffert du régime de Saddam Hussein, les autorités iraniennes étaient opposées à l’attaque américaine. Par contre, ils ont vu dans la chute de Saddam Hussein une occasion unique de développer leur influence dans ce pays. Plusieurs partis politiques chiites opposés à Saddam Hussein s’étaient réfugiés en Iran après la révolution iranienne.

    Retrouvez l’intégralité de l’article avec ce lien :
    http://www.atlantico.fr/decryptage/comment-iran-est-en-train-reussir-patiente-strategie-encerclement-israel-et-arabie-saoudite-3248764.html

     


  • LES ENJEUX DE LA DÉFENSE FRANÇAISE

     

    1 – Avion de combat franco-allemand : le chef d’état-major des armées évoque une coopération « déséquilibrée » (Zone militaire, Laurent Lagneau)

    Depuis que le ministère allemand de la Défense a demandé des informations à Boeing et à Lockheed-Martin au sujet des avions F-15, F/A-18 Super Hornet et F-35A en vue de remplacer les Panavia Tornado de la Luftwaffe, le directeur d’Airbus Defense & Space, Dirk Hoke, ne compte pas ses efforts pour plaider la cause de son groupe, sous couvert de défendre l’industrie aéronautique militaire européenne. Ainsi, selon ce responsable d’Airbus, l’achat, par l’Allemagne, d’avions de combat auprès des États-Unis serait de nature à « affaiblir l’industrie européenne de la défense et la rendre de plus en plus tributaire de la technologie américaine. » Et donc de compromettre le développement d’un appareil européen de 6e génération, lequel pourrait l’objet d’une coopération franco-allemande, comme l’ont annoncé, en juillet, le président Emmanuel Macron et la chancelière Angela Merkel. Sur ce point, Dirk Hoke a été clair. « Dans l’hypothèse où la volonté politique nécessaire est là, Airbus propose de conduite la coopération avec ses partenaires européens et de façonner ainsi cet aspect de notre futur européen commun », a-t-il écrit dans une tribune publiée par la lettre spécialisée Griephan Briefe, au sujet de cet éventuel programme franco-allemand d’avion de combat. Plus tard, dans un entretien donné au quotidien Les Echos, M. Hoke a souhaité une « collaboration intense et forte entre Airbus et Dassault. » Et d’ajouter : « Il nous faut trouver une solution gagnant-gagnant pour créer ensemble l’avion de la sixième génération qui permettra à toute l’industrie aéronautique européenne de maintenir ses compétences dans la défense. Sinon, elle serait amenée à disparaître. » Récemment, dans une réponse faite à un parlementaire qui s’interrogeait sur un possible choix du F-35 pour remplacer les Panavia Tornado de la Luftwaffe, un responsable du ministère allemand de la Défense, Ralf Brauksiepe, a confirmé l’intention de Berlin de mettre un avion de combat conjointement avec la France. « Ce projet est une étape importante dans la continuité de la coopération étroite et avant-gardiste entre ces deux nations pour l’Europe », a-t-il fait valoir. Mais cette coopération franco-allemande suscite des interrogations en France, qui a su garder les compétences nécessaires pour développer et assembler des avions de combat avec le Rafale, via Dassault Aviation. Lors de son audition par la commission sénatoriale des Affaires étrangères et des Forces armées [le compte-rendu vient d’être mis en ligne, ndlr], le chef d’état-major des armées (CEMA), le général François Lecointre a été sollicité par un sénateur pour donner son avis sur cette question. « S’agissant de la coopération européenne et de l’avion de combat européen, il est manifeste que l’Allemagne souhaite combler son retard dans un certain nombre de secteurs technologiques et industriels, dont elle est notamment absente depuis plusieurs années.

    Retrouvez l’intégralité de l’article avec ce lien :
    http://www.opex360.com/2017/12/15/avion-de-combat-franco-allemand-chef-detat-major-armees-evoque-cooperation-desequilibree/

     

    2 –  Echanges fructueux mors de la 2ème édition des rencontres #RH Terre (défense, armée de terre)

    Suite aux débats enrichissants des premières « Rencontres #RHTerre » l’an passé, le directeur des ressources humaines de l’armée de Terre, le général Wattecamps, a réitéré l’expérience ce jeudi 14 décembre. Présidée par le chef d’état-major de l’armée de Terre, le général Bosser, cette deuxième édition avait pour objectif de confronter les opinions dans le domaine RH à l’aune de sa culture et de son expérience sur des thèmes d’actualité. Une réussite  Une centaine de personnes, civils et militaires, spécialistes ou non des ressources humaines, s’est donnée rendez-vous à Balard pour la deuxième édition des rencontres #RHTerre ce jeudi.  Comme l’a annoncé le général Bosser en début de soirée : « Civils et militaires, nous partageons beaucoup de sujets concernant les ressources humaines. Nous sommes confrontés à deux défis stratégiques sur le plan humain : être visible et attractif sur le marché du travail et mieux connaître les hommes et les femmes de nos organisations ». En présence d’un grand témoin, le chef de bataillon Brice Erbland, pilote d’hélicoptère qui s’est illustré à de nombreuses reprises lors de projections extérieures en Libye et en Afghanistan, deux tables rondes ont rythmé la soirée. 

    Une formation complète pour un leadership efficace

    La première table ronde a porté sur le leadership (ou plutôt ce que l’armée de Terre appelle plus communément le commandement) et la formation. Elle a fait intervenir le général Liot de Nortbecourt, général adjoint commandant la formation à la DRHAT, et une administratrice du ministère de l’Intérieur, pour un premier débat animé par le journaliste Mériadec Raffray. Comme l’a expliqué le général Liot de Nortbecourt : « L’art du commandement repose sur trois piliers : il s’agit de comprendre, de décider et d’agir. Il nécessite une formation intellectuelle, physique, technique et surtout humaine qui passe par l’apprentissage et la mise en situation ». En effet, toute la pédagogie de l’armée de Terre repose sur le fait qu’on ne naît pas chef mais qu’on le devient, comme l’a d’ailleurs défini le CEMAT dans son Livre bleu sur l’exercice du commandement : « Commander n’est pas inné même si l’exercice peut être facilité par des prédispositions naturelles. C’est comme l’écrivait le général Charles de Gaulle dans Vers l’armée de métier, l’aboutissement d’un travail de longue haleine ». Présente lors de cette soirée, Véronique Peaucelle-Delelis, administratrice générale au Centre de formation au management du ministère de la Défense (CFMD), a ainsi été impressionnée par la qualité des propos tenus : « Ce soir, l’armée de Terre a prouvé que le leadership ne peut s’exercer sans la confiance donnée et la confiance reçue ».

    L’humain au cœur des RH

    La deuxième table ronde, sur le thème « RH et transformation », a fait intervenir le général Duhau, général adjoint chef du service pilotage de la performance et de la transformation à la DRHAT, et Pierre-Marie Argouarc’h, DRH de la Française des jeux. Les deux hommes ont pu échanger sur l’importance de s’appuyer sur le numérique pour développer les ressources humaines afin d’apporter agilité, souplesse et réactivité. Pour le général Duhau : « le digital est dans l’ADN du soldat de la génération Y et Z. Nous devons donc concilier tradition et modernité : s’appuyer sur le socle de nos valeurs militaires et développer les outils RH les plus performants ». Cette table ronde a également mis en avant la nécessité de mettre l’Homme au cœur de la gestion RH. Comme l’a affirmé le représentant de la Française des jeux : « La vraie expertise du DRH, c’est l’humain et sa raison d’être c’est d’emmener les femmes et les hommes de l’entreprise vers une performance individuelle et collective durable. Ma vocation c’est de développer des talents et des potentiels ».

    Retrouvez l’intégralité de l’article avec ce lien :
    http://www.defense.gouv.fr/terre/actu-terre/echanges-fructueux-lors-de-la-2e-edition-des-rencontres

     

    3 – Plan de modernisation du MCO aéronautique : la fin du « payer plus pour voler moins » ? (Blog la voix du Nord)

    Avec moins de 50 % de disponibilité et une hausse constante du budget (+ 25 % en cinq ans pour arriver à 4 milliards d’euros en 2017), le maintien en condition opérationnelle (MCO) aéronautique est désigné comme un mauvais élève de la Défense (photo AFP). La ministre des Armées, Florence Parly, a demandé à se pencher sur ce cas douloureux (mission confiée à Christian Chabbert) et a présenté ce jour, depuis la BA 105 d’Evreux, un plan de modernisation censé ramené le secteur, qui emploie 22 000 personnes, dans des canons productifs acceptables. Au cours du discours, elle a paru déterminée, voire cinglante :  » Souffrir de la main de l’ennemi, cela peut être le sort de la guerre. Souffrir des avaries de sa propre technique, ce n’est le sort de rien, c’est inadmissible.  » On n’oubliera pas non plus que la vétusté des équipements et le manque d’investissement dans l’innovation et le renouvellement, depuis une dizaine d’années, sont les facteurs initiaux de la dégradation du MCO… Pour le ministère, qui s’adresse aux armées, à la chaîne MCO et aux industriels, la priorité est désormais  » de voler, pas de stocker « . Hormis les matériels les plus récents (Rafale, les A400M, Tigre, drones Reaper), le MCO manque de performance avec une disponibilité qualifiée  » d’insuffisante « . La dispo était de 55 % en 2000 et 44 % aujourd’hui. Les cas les plus douloureux sont connus : hélicoptères en tout genre, avions de patrouille maritime, avions de transport tactique (moins d’un avion sur quatre est apte). Le constat du ministère est violent :  » L’augmentation des ressources n’a pas amélioré la disponibilité. Elle n’a même eu parfois qu’un effet inflationniste sur les prix.  » L’heure de vol de l’hélicoptère Caracal est passée de 19 000 € en 2012 à 34 000 € en 2016. Une catastrophe. Tous ces défauts cumulés ont des conséquences, non pas en opérations où la disponibilité est prioritaire, mais en métropole pour l’entraînement, la formation, l’entretien… Le rapport Chabbert a permis de relever  » de nombreuses interfaces et coupures inutiles génératrices d’une augmentation des coûts et de délais  » et un manque des responsabilisation entre les divers intervenants (les armées, la SIMMAD, la Structure intégrée du maintien en condition opérationnelle des matériels aéronautiques du ministère de la défense, le SIAé, le Service industriel de l’aéronautique, les entreprises de géantes à petites). On aboutit, selon le ministère, à  » une désorganisation de la fonction du MCO aéronautique « .

    Une Direction de la maintenance aéronautique créée en 2018

    Le plan de modernisation, annoncé ce jour, vise donc à  » supprimer les interfaces inutiles, aligner les travaux dans une logique de performance, accorder des responsabilités globales de bout en bout et sans dilution « . Les deux pivots majeurs sont «  la gouvernance et la coordination entre les armées et les industriels « .

    Retrouvez l’intégralité de l’article avec ce lien :
    http://defense.blogs.lavoixdunord.fr/archive/2017/12/11/modernisation-du-mco-aeronautique-la-fin-du-payer-plus-pour-15509.html

 

 

INDUSTRIE ET ÉCONOMIE

 

1 – La Chine joue plus que jamais la carte de l’ouverture économique mondiale (Le Nouvel économiste, Philippe Barret)

Avec l’objectif de multiplier les échanges d’investissements, particulièrement dans les activités technologiquement avancées Fondé en 1995 par le magazine ‘Fortune’, ce forum a cette année été organisé pour la quatrième fois en Chine, à Canton. Il a rassemblé 388 entreprises et des responsables politiques, notamment des maires de grandes villes. On a pu y voir Justin Trudeau, le Premier ministre canadien, les présidents de grandes entreprises comme Tim Cook (Apple), Alex Gorsky (Johnson & Johnson), Bill Ford (Ford Motor Company), Ma Yun (Alibaba), Yang Yuanqing (Lenovo) ou Ma Huateng (Tencent). Cette année, le forum était organisé sur le thème : “Ouverture et innovation : façonner l’économie mondiale”. Les échanges ont surtout porté sur la coopération entre les entreprises chinoises et les compagnies internationales dans le domaine de l’innovation scientifique et technique. “Les échanges ont surtout porté sur la coopération entre les entreprises chinoises et les compagnies internationales dans le domaine de l’innovation scientifique et technique” Ce forum a été précédé par plusieurs rencontres internationales : en juin, à Londres, à l’occasion du 45e anniversaire de l’établissement des relations diplomatiques entre la Chine et la Grande-Bretagne, un pays qui compte aujourd’hui plus de 200 projets d’investissements à Canton, pour un montant de 940 millions de dollars ; en juin aussi à Chicago, pour séduire les entreprises américaines du Midwest ; en mai à Taïpei, avec les représentants des entreprises faisant partie du classement Fortune 500, présentes à Taïwan ; en avril à Singapour, où Canton a établi 25 entreprises (tandis que Singapour en a créé 552 à Canton, pour un investissement de près de 3 milliards de dollars) ; le même mois à Tokyo, où les autorités municipales de Canton ont lancé un appel pressant aux entreprises japonaises pour participer au forum Fortune Global ; et en novembre, à New York et Washington. Canton avait des atouts pour attirer ce forum : non seulement un aéroport classé parmi les dix meilleurs du monde, avec un accès rapide au centre de la ville ; mais surtout 120 000 firmes technologiques innovantes et la présence de 289 entreprises faisant partie du classement Fortune 500.

Chine ouverte

Cette initiative de Canton – puisque le forum Fortune Global se tient sur invitation de la ville d’accueil – est significative de la politique chinoise. La Chine joue plus que jamais la carte de l’ouverture économique mondiale. Deng Xiaoping en avait pris l’initiative ; Xi Jinping, comme ses prédécesseurs immédiats, prolongent activement cette initiative. Leur objectif n’est pas seulement d’augmenter le volume du commerce international de la Chine. Il est surtout de multiplier les échanges d’investissements, particulièrement dans les activités technologiquement avancées.

Retrouvez l’intégralité de l’article avec ce lien :
https://www.lenouveleconomiste.fr/le-forum-fortune-global-a-canton-61999/

 

2 – Penser la numérisation (TTU Online)

Les récents retours d’expérience ont montré toute l’importance pour les armées de maîtriser les outils numériques en opérations mais aussi dans l’administration courante. C’est dans cette optique, et en vue des discussions du printemps prochain autour du projet de LPM (qui devrait être déposé sur le bureau de l’Assemblée nationale fin mars au plus tôt), que la Commission de la défense nationale et des forces armées vient de lancer une «mission d’information sur les enjeux de la numérisation des armées». Destinée à nourrir le travail de la Commission et se voulant une contribution à la définition des équilibres et priorités de la LPM, elle complétera par ailleurs le chantier du numérique et de l’innovation mis en place par la ministre des Armées, que la DGA devra faire aboutir en parallèle de la LPM au deuxième trimestre 2018. Excluant d’emblée la cyberdéfense (qui fera l’objet d’une mission d’information dédiée), les co-rapporteurs Olivier Becht et Thomas Gassilloud pourraient commencer par une revue prospective des technologies d’intérêt défense (drones, robotique, intelligence artificielle…) et par l’étude de leur impact sur le développement des menaces, la souveraineté technologique française et sur l’organisation du fonctionnement des armées. Parmi les hypothèses de travail, le traitement de la question de la numérisation sous l’angle du besoin : en matière de communication (guerre psychologique, traitement des vulnérabilités liées à l’usage des réseaux sociaux…), de robotisation (véhicules autonomes, drones, objets connectés, soldat augmenté, place de l’homme dans la boucle…) et de renseignement (ISR, Big Data, problème de la surabondance d’informations…). Mais aussi d’accès aux technologies par les adversaires ou concurrents (diffusion des technologies duales, avance industrielle des Etats-Unis…) et de gains de productivité dans le soutien des forces (bilan SIAG, retex Louvois…). Le deuxième axe de réflexion devrait porter sur la numérisation comme force de transformation des armées avec des enjeux comme les modes de commandement, les modes de combat, la préparation opérationnelle et l’industrie d’armement. Une mission au «timing» serré, avec de nombreuses auditions, dont le périmètre devrait être élargi au-delà des acteurs incontournables (armées, services, industriels de la défense, chaires spécialisées…), à l’ensemble de la sphère numérique.

 

3 – La France veut se prémunir contre les satellites espions (RFI)

La guerre des étoiles est-elle relancée ? La présence supposée de satellites espions est prise très au sérieux par le ministère des Armées français. La France veut désormais mieux anticiper ces nouvelles menaces en créant avec ArianeGroup, le GeoTracker, aux Mureaux en région parisienne. L’espionnage des satellites français et européens est une réalité. Au pôle spatial français et européen des Mureaux, le procédé est bien connu. Sont visés les butineurs, qui ravitaillent les autres satellites, mais qui peuvent aussi capter des données. Le général Jean-Pascal Breton du commandement interarmées de l’espace (CIE) confirme ces soupçons d’espionnage. Il doit maintenant faire face aux satellites observateurs : « C’est ceux qui nous préoccupent un petit peu en ce moment et pour lesquels nous regardons leur comportement. » Un procédé bientôt combattu. Le groupe Ariane a travaillé sur le sujet en créant GeoTracker, le nom d’un réseau de capteurs sur toute la planète pour mieux voir les mouvements en orbite. Et le contrat est signé.

Une quinzaine de satellites à protéger

Une nécessité pour Florence Parly, la ministre des Armées,  venue visiter le site des Mureaux : « Nous devons donc nous doter de notre propre cartographie complète pour identifier tous les objets en orbite et les détecter en amont afin de dissuader d’éventuels agresseurs, mais aussi les menaces intentionnelles comme les actions d’espionnage ou de sabotage, aux conséquences parfois dramatiques pour nos forces en opération ou pour nos concitoyens dans leur quotidien. » L’objectif du réseau d’ArianeGroup est de permettre la protection d’une quinzaine de satellites français, italiens et allemands.

 

 

  • GRANDS PROBLÈMES DE DÉFENSE
    ET DE SÉCURITÉ

     

    1 – La France a-t-elle définitivement perdu le contrôle de son industrie ? (Le Figaro – vox, Ludivic Greiling)

    FIGAROVOX/ANALYSE – Le gouvernement a annoncé vouloir céder pour dix milliards d’euros de participations de l’Etat, y compris dans des entreprises stratégiques. Ludovic Greiling analyse les facteurs de la désindustrialisation de la France.

    Ludovic Greiling est journaliste. Ancien collaborateur du Revenu français, spécialisé dans l’économie et les grandes entreprises, il travaille aujourd’hui pour différents journaux français et internationaux. Il est l’auteur de Monnaie et pouvoir (éd. Apopsix, 2015).

    «Mauvaise gestion», «charges trop élevées», «concurrence internationale»… Il est commun d’invoquer ces facteurs pour expliquer la désindustrialisation brutale que le pays a connue ces quarante dernières années. En revanche, la guerre industrielle féroce à laquelle se livrent les puissances pour contrôler le capital des entreprises concurrentes n’est jamais évoquée. Cette guerre explique pourtant les difficultés de nos compagnies de pointe et la perte progressive de savoirs-faires pratiqués sur le territoire français. Le gouvernement l’a annoncé: il veut céder pour dix milliards d’euros de participations de l’Etat, y compris dans des entreprises stratégiques. Par exemple, des discussions sont en cours pour fusionner certaines activités entre l’italien Fincantieri – en voie de privatisation – et le bijou qu’est la Direction des constructions navales (renommé Naval group) – qui vient de remporter un contrat géant en Australie pour la construction de sous-marins. La conséquence à long terme de ce genre d’opérations? Rien de moins qu’une perte de contrôle de l’entité, suivi du transfert de brevets, de bureaux d’étude et de chaînes de montages. Alstom est un cas exemplaire de la guerre industrielle. Le site historique de fabrication des trains et des équipements énergétiques du groupe, à Belfort, pourrait fermer dans les prochaines années. Ces chaines de production employaient 8500 salariés au pic des années 70, contre 500 personnes aujourd’hui. «On perd tout ici, petit à petit, la recherche d’Alstom s’est envolée depuis longtemps, la technique s’en va par petits bouts…» expliquait un habitant dans la presse nationale lors de manifestations tenues l’an dernier. Un événement anodin dans un «monde globalisé»? Non. Car Alstom n’est pas n’importe qui. Ses turbines thermiques équipent la moitié des centrales nucléaires de la planète et un quart des barrages hydroélectriques. La compagnie est également capable de fournir l’ensemble des équipements électriques d’une usine à charbon, ou de fabriquer les trains les plus rapides au monde. Un avantage stratégique majeur qui a aiguisé des appétits.

    Attaques au capital, changement des conseils d’administration

    En 2003, Bruxelles imposait la cession de deux de ses fleurons au bénéfice de la concurrence, les activités de turbines industrielles et la filiale spécialisée dans la conversion d’électricité. Fusions, scissions, ventes d’actifs: à partir de la privatisation progressive entreprise il y a vingt-cinq ans, Alstom a souffert des mouvements incessants des fonds étrangers à son capital. Par la suite, le groupe a été visé par la Commission européenne: en contrepartie d’une aide de l’Etat français en 2003, Bruxelles imposait la cession de deux de ses fleurons au bénéfice de la concurrence, les activités de turbines industrielles (à l’allemand Siemens) et la filiale spécialisée dans la conversion d’électricité (à la banque britannique Barclays, qui la vendra ensuite à l’américain General Electric). Entre 2002 et 2005, le chiffre d’affaires d’Alstom a été divisé par deux. Dix ans plus tard, c’est un conseil d’administration remanié par le PDG Patrick Kron et désormais dominé par des intérêts anglo-saxons qui achevait l’ancien joyau de la période gaulliste. En 2014, il annonçait contre toute attente la vente des actifs et des brevets de la très stratégique division énergie d’Alstom. Le bénéficiaire? Le concurrent américain General Electric, encore une fois. Deux mois après la reprise des activités françaises, le nouveau propriétaire annonçait la suppression de 800 emplois sur le territoire national et des rumeurs faisaient état du possible rapatriement des bureaux d’étude aux Etats-Unis. En ce mois d’octobre 2017, c’est la vente de la branche transports à Siemens qui est annoncée. Le démantèlement par les concurrents est presque achevé. Il aura pris vingt ans.

    Des technologies maitrisées par peu d’acteurs dans le monde

    On l’oublie trop souvent: les technologies qui permettent aujourd’hui de produire de l’électricité, d’utiliser des transports modernes ou encore de fabriquer des avions, sont maitrisées par un nombre très faible d’acteurs. La Chine et la Russie ont dû attendre la fin d’année 2016 pour annoncer le lancement prochain d’un avion civil longue ligne performant. D’ici à sa mise en exploitation, ces deux puissances seront dépendantes du bon vouloir d’Airbus et de Boeing pour réaliser l’espace eurasiatique de leurs rêves… La France a jadis su développer d’extraordinaires capacités techniques. Elles ont en partie donné au pays son indépendance diplomatique, économique et militaire. Elles lui ont ouvert la possibilité de discuter et d’échanger avec les pays de son choix, malgré le poids des empires soviétique et américain. Mais ces capacités ont aussi aiguisé les appétits des concurrents. Ces derniers ont profité d’un long passage à vide politique, et du dogme assez récent de la liberté totale de circulation des capitaux. Les fonds étrangers contrôlent aujourd’hui 50% du capital du CAC 40, selon la Banque de France, contre 25% il y a vingt ans. Ces derniers, le plus souvent américains (et non chinois), placent leurs hommes dans les conseils d’administration et les directions. Dans un contexte de vide politique, comment résister face à un fonds comme Blackrock, dont les encours sous gestion sont deux fois supérieurs à la capitalisation totale des quarante plus grandes valeurs françaises? Alstom n’est pas un cas isolé. C’est par une attaque soudaine au capital, alliée à une intense opération de propagande et au soutien du premier ministre luxembourgeois Jean-Claude Juncker (futur président de la Commission européenne), que le sidérurgiste haut de gamme Arcelor a été avalé par un acteur indien inconnu en 2006. Le nouveau groupe, lourdement endetté auprès des banques américaines suite à l’OPA, a, depuis, fermé ou cédé une partie des ses meilleures usines européennes. C’est grâce à leur participation dans Airbus (ex EADS) que les Allemands ont rapatrié sur leur territoire la filiale militaire de la compagnie européenne. Pourtant, ces activités sont issues en majorité de l’entreprise française Matra-Aérospatiale et du savoir-faire de la Direction générale pour l’armement.

    Retrouvez l’intégralité de l’article avec ce lien :
    http://www.lefigaro.fr/vox/politique/2017/12/14/31001-20171214ARTFIG00281-la-france-a-t-elle-definitivement-perdu-le-controle-de-son-industrie.php

     

    2 – Coopération en matière de défense : le Conseil établit une coopération structurée permanente, avec 25 états membres participants (UE, communiqué)

    Le 11 décembre 2017, le Conseil a adopté une décision établissant la coopération structurée permanente (CSP), moins d’un mois après avoir reçu des États membres une notification conjointe quant à leur intention de participer. Les 25 États membres participant à la CSP sont les suivants: l’Allemagne, l’Autriche, la Belgique, la Bulgarie, Chypre, la Croatie, l’Espagne, l’Estonie, la Finlande, la France, la Grèce, la Hongrie, l’Irlande, l’Italie, la Lettonie, la Lituanie, le Luxembourg, les Pays-Bas, la Pologne, le Portugal, la République tchèque, la Roumanie, la Slovaquie, la Slovénie et la Suède. Le 13 novembre 2017, les ministres de 23 États membres ont signé une notification conjointe sur la coopération structurée permanente (CSP) et l’ont remise à la haute représentante et au Conseil. Le 7 décembre 2017, l’Irlande et le Portugal ont également notifié leur décision de participer à la CSP. La coopération structurée permanente dans le domaine de la politique de sécurité et de défense a été introduite par le traité de Lisbonne. Il s’agit de la possibilité pour un certain nombre d’États membres de l’UE de renforcer leur coopération dans le domaine de la sécurité et de la défense. Ce cadre permanent de coopération en matière de défense permettra aux États membres qui le souhaitent et qui le peuvent de développer conjointement des capacités de défense, d’investir dans des projets communs et de renforcer l’état de préparation opérationnelle et la contribution de leurs forces armées.

    La décision du Conseil établissant la CSP présente :

    * la liste des États membres participants
    * la liste des engagements communs ambitieux et plus contraignants pris par les États membres participants, y compris « l’augmentation régulière, en valeur réelle, des budgets de la défense afin d’atteindre les objectifs convenus »
    * la gouvernance de la CSP, avec un niveau global permettant de maintenir la cohérence et l’ambition de la CSP, complétées par des procédures de gouvernance spécifiques au niveau des projets
    * des arrangements administratifs, y compris en ce qui concerne les fonctions de secrétariat de la CSP au niveau des projets et le financement

    Retrouvez l’intégralité de l’article avec ce lien :
    http://www.consilium.europa.eu/fr/press/press-releases/2017/12/11/defence-cooperation-pesco-25-member-states-participating

 

  • 3 – Au Mexique, la guerre sans fin de l’armée contre les cartels (Le Temps, Emmanuelle Steels)

    Le parlement débat d’une loi controversée pour enrayer l’insécurité. La société civile dénonce un projet de militarisation du pays En décembre 2006, le président mexicain, Felipe Calderon, lançait une opération militaire dans les régions les plus violentes du pays pour affronter le narcotrafic. La mission de l’armée devait être temporaire: rétablir la sécurité, le temps de refonder une police en manque d’effectifs et d’entraînement pour lutter contre le crime organisé. Aujourd’hui, onze ans plus tard, son successeur, Enrique Peña Nieto, soutient une loi qui régularise les conditions d’un recours indéfini aux forces armées pour assumer des tâches policières, au grand dam des organisations civiles, qui dénoncent la «militarisation» du pays. La loi de sécurité intérieure a été approuvée par une majorité de députés le 30 novembre et devrait recevoir prochainement l’approbation des sénateurs. Or, à chaque fin d’année, le Mexique se prête au même rituel: consacrer l’année écoulée comme la plus violente depuis longtemps. 2017 ne faillit pas à la règle. Le gouvernement a reconnu une hausse des homicides. La violence liée au crime organisé et au combat contre les cartels serait la cause de plus de 170 000 morts et 30 000 disparitions depuis 2006.

    Violations des droits humains

    «La violence est devenue notre pain quotidien», énonce une vidéo lancée par des artistes, universitaires et organisations de défense des droits humains qui s’opposent à la loi. Le bilan du déploiement de 50 000 militaires à travers le pays est sombre. Arrestations arbitraires, tortures, exécutions extrajudiciaires, disparitions: comme le montrent toutes les études – même officielles – consacrées au sujet, les violations des droits humains à l’encontre de la population se sont multipliées dans les régions où l’armée se substitue pratiquement à la police. L’impunité dont ces crimes sont entourés inquiète tout un secteur de la société, qui pointe le risque de voir les militaires échapper au contrôle des autorités civiles. Entre-temps, la réforme de la police, promise de longue date, reste inaboutie. «C’est une prophétie auto-accomplie, estime Gabriela Capo, directrice de l’Institut pour la sécurité et la démocratie, une organisation civile. Certes, les forces civiles doivent être renforcées, mais le gouvernement nous dit que la police est incapable d’assurer la sécurité et que l’armée doit la remplacer. Et, entre-temps, l’Etat s’abstient de renforcer la police. On tourne en rond.»

    Epidémie d’overdoses aux Etats-Unis

    Les experts et les membres d’ONG réunis au sein du collectif Seguridad sin guerra («Sécurité sans guerre») questionnent la poursuite d’une stratégie vouée à l’échec. «Les Mexicains ont peur. Néanmoins, nous ne pouvons pas permettre cette tromperie. On continue de nous offrir comme seule solution celle qui n’a pas donné de résultats, ni dans la lutte contre la violence, ni dans le combat contre le narcotrafic», affirme Gabriela Capo.

    Retrouvez l’intégralité de l’article avec ce lien :
    https://www.letemps.ch/monde/2017/12/13/mexique-guerre-fin-larmee-contre-cartels

     

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