LA CHAPELLE-PAJOL : RÉPONSE AUX BOBS DE LA TELERAMA

Richard Labévière
Rédacteur en chef

Après les récents articles du Parisien, relatant que des hommes – à l’évidence pétris de sympathies islamistes – aient agressés plusieurs femmes du quartier parisien de La Chapelle-rue-Pajol, en les traitant de « putes » et en leur interdisant l’accès des rues du quartier, les bobos (journalistes et lecteurs) de Télérama se sont émus de l’événement, contestant la véracité des faits, relayés au compte de « paniques identitaires », lectures aussitôt relayées par d’autres bobos, notamment ceux des matinales de France-Culture.

Il se trouve que l’une de nos proches collaboratrices – Sandrine A – vit dans ce quartier depuis une dizaine d’années. Nous préférons lui laisser la parole : « je suis une habitante de la rue Pajol, une habitante heureuse de la publication des articles dénonçant la situation dans ce quartier de Paris. Cela fait plusieurs années maintenant que le trafic de drogues s’est imposé dans les rues et que la population se masculinise fortement par la même occasion. Absente, la Police ne répond même plus aux appels d’urgence. Sur le pas de la porte d’entrée de mon immeuble les nuits sont « chaudes », même en hiver. Lors des six derniers mois je me suis faite agressée trois fois. J’ai porté plainte à la police et j’en ai parlé dans mon voisinage. La police a pris acte, c’est tout ! »

« En plus, grande fut ma surprise de constater qu’aucune de mes voisines n’avait remarqué un changement. Le silence total, à ce point hermétique constitue le premier signe de la peur. Le sentiment d’être prise pour une folle m’a frôlé plus d’une fois. Avec la parution des articles, j’ai compris que le phénomène était plus large, les plaintes multiples sont, néanmoins réconfortantes. Sauf qu’un article mal relayé par les médias ne vaut pas beaucoup plus que le silence. Cela représente un article de plus face à l’immobilisme des élus et au laxisme du système. Interdit de s’exprimer ! Au risque d’une récupération d’un événement accusant ses victimes de racisme ou d’incompréhension culturelle sans même s’interroger sur les obligations liées à l’installation dans un autre pays… La migration, avec un système (pour le moment invisible) d’accompagnement à l’intégration est nécessaire. La Suède a surmonté ce défi alors que 25% de sa population est de multiple origines et confessions. Pourquoi la France ne pourrait-elle y arriver ? »

« Il y a ensuite et surtout le problème de la vente de la drogue. Ce trafic fonctionne maintenant depuis plus de huit ans dans le quartier, bien avant l’arrivée des migrants. Mais la question demeure : pourquoi la police n’arrive-t-elle pas à démanteler le/les réseau/x ? Si rien n’est fait, c’est que visiblement quelqu’un y trouve son compte ! Tient-on vraiment à garder de bonnes relations avec les pays producteurs ?  En tout cas, on ferme les yeux ! Sauf qu’on les ferme sur tout. Que peut-on – nous – pauvres femmes ignorantes et dépravées, traitées quotidiennement de « putes » ? Que dire, sinon que la peur règne et qu’on craint pour notre liberté et notre vie ? Que les élus et élues ont oublié le pays dans lequel on habite ? Les droits mais surtout les devoirs à faire respecter ? Est-ce par pure laxisme ou par une culpabilité plus ancienne et très ancrée – le spectre du colonialisme qui hante encore aujourd’hui – qu’on se cache derrière le politiquement correct ? »

« Dans le XVIIIème arrondissement de Paris, côté Pajol-Chapelle, cela fait trop longtemps qu’on n’est plus en France, ni dans un pays européen libre et riche de son pluralisme multiculturel. Si la loi existe encore, son respect et son application laissent vraiment à désirer. Les femmes n’ont qu’à se soumettre à la nouvelle loi de la rue qui s’est imposée au fil du temps. Période d’élections législatives… Je me suis donc approchée de la permanence d’une candidate du quartier : Babette de Rozières. J’ai demandé ce qu’elle comptait faire, au-delà d’une marche des femmes du quartier : saisir le gouvernement, le ministère de l’Intérieur, mobiliser les forces de l’ordre pour démanteler les réseaux de la drogue, éduquer les nouveaux arrivants dès l’école primaire, etc, etc, etc. Réponse affligeante : « surtout ne vous inquiétez pas… »

« Lundi soir, le 29 mai, en rentrant du travail à une heure où la permanence de la candidate était fermée, à quelques mètres de sa porte, je me suis faite à nouveau agressée. Vais-je continuer à travailler quotidiennement pour entretenir un système qui permet et entretient ce type d’agressions ? Il faut une sacrée dose de cynisme et de lâcheté pour penser et pour répondre comme Mme de Rosières : « surtout ne vous inquiétez ! ». Bien sûr que non, d’autant que les Bobos (journalistes et lecteurs) de Télérama – qui habitent plutôt les Vème et VIIème arrondissements, qualifient déjà la situation qui règne dans les rues de La Chapelle-Pajol, de « panique identitaire ». Cela aussi, il fallait l’oser ! »

Sans commentaire !

Richard Labévière

 

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