LE RENSEIGNEMENT FRANÇAIS SE VEND A L’AMÉRICAIN PALANTIR !!!

Richard Labévière
Rédacteur en chef

Pathétique, consternant, hallucinant ! Les mots manquent à qualifier cette nouvelle sortie de route de la haute administration de notre pays. La Direction générale de sécurité intérieure (DGSI) n’a plus les moyens d’analyser l’ensemble des données récoltées par le biais de ses systèmes de surveillance. Par conséquent, elle va sous-traiter à la société américaine Palantir – cofondée par un membre du cabinet Trump – le traitement de ses propres données.

Depuis 2012, une quinzaine de lois ont été votées par l’Assemblée nationale en matière de lutte anti-terrorisme et de renseignement national, imposant une série de normes très contraignantes dédiées à la surveillance des réseaux télécoms. En données cumulées, la masse des informations collectées par les capteurs des services français de renseignement est absolument colossale et nécessitent les moyens ad hoc pour pouvoir les traiter correctement.

Après plusieurs mois d’évaluation, la DGSI s’est rendue compte qu’elle était absolument incapable d’assumer une telle tâche, pour la bonne et simple raison qu’elle ne disposait ni du personnel, ni des matériels nécessaires. Fin 2016, l’hebdomadaire Paris-Match a révélé que le service français de renseignement avait signé un contrat de sous-traitance avec la société américaine Palantir, pour l’aider à traiter et analyser ses données brutes tout à fait essentielles pour mener – dans de bonnes conditions – ses missions d’anti-terrorisme et de contre-terrorisme.

Société très opaque basée dans la Silicon Valley, Palantir a été initialement financée par la CIA. Affichant aujourd’hui un chiffre d’affaires de quelque 20 milliards de dollars, Palantir s’est spécialisée dans l’analyse des Big-Data et compte parmi ses principaux clients le FBI et la NSA. Selon plusieurs sources proches de Palantir, cette officine aurait contribué à localiser Oussama Ben Laden en 2011. A voir… Selon différents responsables les services français de renseignement, notre pays n’aurait pas eu le choix, étant ainsi tenu de faire ainsi appel aux services d’une société spécialisée étrangère.

« Ils sont les seuls à disposer des savoirs faire technologiques dont nous avons impérativement besoin », précise à Paris-Match un officier spécialisé dans la lutte antiterroriste. « Avec Palantir, les services américains disposent d’une fenêtre grande ouverte sur des informations sensibles et notre lutte antiterroriste. C’est un moindre mal, mais il ne faut pas être dupe ».

Des informations tellement sensibles qu’en février dernier, alors interrogé par d’autres confrères de la presse écrite parisienne, le ministère de l’Intérieur reconnaissait : « utiliser une solution américaine, de surcroît financée par la CIA, pose des problèmes de souveraineté nationale ». Le problème se pose avec d’autant plus d’acuité que l’un des co-fondateurs de Palantir est Peter Thiel, relais notable du nouveau président américain Donald Trump dans la Silicon Valley. Désormais, ce personnage fait partie du cabinet restreint du locataire de la Maison blanche.

Après le retour de la France éternelle dans le commandement intégré de l’OTAN (2008), autant prendre directement nos ordres au Pentagone… Qu’en pense notre nouveau président de la République et son fidèle soutien Jean-Yves Le Drian ?

Richard Labévière

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