REVUE DE PRESSE
ESPRIT SURCOUF

 n° 12 

 SOMMAIRE 

  • ACTUALITES INTERNATIONALES :
  1. Quand Washington perd le Nord en Corée
  2. Le blues des diplomates européens en Palestine
  3. Turquie – Europe : le risque de rupture
  4. Guerre Urbaine : les leçons de Mossoul
  • LES ENJEUX DE LA DEFENSE FRANÇAISE :
  1. Général Mattis : les Français « ont toujours prouvé qu’ils étaient là quand il fallait faire face »
  2. Chammal : le ravitaillement en vol, une capacité stratégique pour la campagne aérienne contre Daech
  3. L’économie aussi protégée par la gendarmerie
  • INDUSTRIE ET ECONOMIE :
  1. Thales avale une start-up californienne et confirme vouloir devenir un leader du Big Data
  2. 319 véhicules Grifon et 20 engins Jaguar commandés à Nexter, Renault Trucks defense et Thales par la DGA dans le cadre du programme Scorpion
  • GRANDS PROBLEMES DE DEFENSE ET DE SECURITE:
  1. 2017 ou les fortunes diverses du leadership en Asie
  2. Evaluation française de l’attaque chimique de Khan Cheikhoum
  3. D’Assise au Caire. Un nouveau sommet des religions sur la paix : pour quoi faire ?
  4. En 2016, les dépenses militaires ont représenté 2,2% du PIB mondial

de Jacques Raimond

 

ACTUALITÉS INTERNATIONALES

 

1 –  Quand Washington perd le Nord en Corée (Asialyst, Barthélémy Courmont)

L’administration Trump est-elle en train de découvrir l’(Extrême) Orient compliqué ? Le nouveau président américain pensait peut-être qu’après un entretien téléphonique avec la présidente taïwanaise Tsai Ing-wen, l’annonce tonitruante du retrait du Traité transpacifique (TPP), une poignée de main ferme (et douloureuse) au Premier ministre japonais Abe Shinzo et une chanson traditionnelle chinoise interprétée par sa petite-fille devant un Xi Jinping visiblement peu impressionné, un discours musclé face à la Corée du Nord suffirait à faire de lui un dirigeant fort et résolument engagé en Asie-Pacifique. Mais la diplomatie asiatique est un jeu subtil et difficile, les déconvenues américaines s’y sont multipliées ces dernières années, et l’administration Trump ne semble pas bien armée pour faire face à la complexité des dossiers. Nous assistons pourtant depuis quelques semaines à une hausse des tensions entre Washington et Pyongyang, sur fond de rhétorique très agressive, et de visites à répétition de hauts responsables américains en Corée du Sud. D’abord le secrétaire à la Défense James Mattis, puis le Secrétaire d’État Rex Tillerson, et enfin le vice-président Mike Pence, Donald Trump n’ayant pour sa part pas encore effectué de visite à l’étranger depuis son arrivée au pouvoir. A chaque fois, le ton est monté d’un cran. « L’ère de la patience stratégique est révolue », a ainsi annoncé depuis Séoul Mike Pence, comme pour signifier que la politique nord-coréenne de Washington va devoir changer. Mais que révèle ce soudain intérêt pour le dossier nord-coréen, sinon d’importantes carences dans l’appareil décisionnel de la politique étrangère américaine ?

Une inquiétante et coupable méconnaissance du dossier coréen

La Corée du Nord est le plus ancien ennemi des États-Unis encore debout. Bien avant que Castro ne prenne le pouvoir à La Havane, que l’Iran n’expérimente sa révolution islamique, que Saddam Hussein ne montre des crocs, ou que l’état-major américain découvre l’Afghanistan sur une carte du monde, la dynastie des Kim contrôlait déjà la moitié nord de la péninsule coréenne, avec un anti-américanisme à la mesure de ce régime totalitaire, et une guerre d’une rare violence entre 1950 et 1953. En clair, les membres de l’administration Trump ont toujours connu la Corée du Nord comme l’un des principaux ennemis des États-Unis, sorte de résilience de la Guerre froide, de résidu d’un monde que certains crurent révolu après la disparition de l’Union soviétique. Autant dire qu’il s’agit là d’un dossier connu, et pour lequel de multiples stratégies ont été envisagées, avec les résultats médiocres que l’on sait, et que la survie du régime de Pyongyang ne fait que rappeler à ceux qui l’oublieraient. Pourtant, la gestion du dossier nord-coréen par l’administration Trump met en relief une étonnante méconnaissance de la réalité de la péninsule. A moins que ce ne soit une « tactique », visant à modifier les rapports de force en jetant un pavé dans la mare. On peut en douter, tant il y a peu de suivi au-delà des déclarations.

Retrouvez l’intégralité de l’article avec ce lien :
https://asialyst.com/fr/2017/04/25/quand-washington-perd-nord-en-coree/ 

2 – Le blues des diplomates européens en Palestine (Orient XXI, Sylvain Cypel)

Supposée favoriser un développement économique de la Palestine, la zone franche de Jéricho dans la vallée du Jourdain est soutenue financièrement par l’Union européenne. Mais il y a loin de la coupe aux lèvres, tant Israël multiplie les obstacles, détruisant ou empêchant toute initiative allant dans le sens d’une amélioration de la situation des Palestiniens. La zone franche de Jéricho (Jericho Agro Industrial Park, JAIP), dans la vallée du Jourdain, a des ambitions : « favoriser par des incitations fiscales et des infrastructures modernes les investissements locaux et internationaux en Palestine et les exportations palestiniennes », qui restent extrêmement faibles, explique un responsable local, Naiem Attoun. Ces « zones franches » balbutiantes, la Palestinian Industrial Estates and Free Zones Authority en détient deux autres en Cisjordanie, à Bethléem et Jénine (une quatrième, à Gaza, est inactive). Et trois sont en projet en Cisjordanie, près de Naplouse, Hébron et Rawabi, une « ville nouvelle » en construction lancée par un millionnaire américano-palestinien en zone A (voir encadré). Initialement impulsée avec des financements nippons, la zone franche de Jéricho bénéficie désormais aussi d’un soutien européen. Pour le moment, l’activité y semble encore réduite : 4 PME y sont enregistrées. Les autorités en attendent 6 autres d’ici la fin de l’année, pour 500 emplois créés. À terme, l’objectif est de générer 3 400 emplois et 17 000 emplois induits. Nous sommes là, à Jéricho, neuf journalistes issus de huit pays de l’Union européenne (UE), invités par la délégation de l’Union européenne en Palestine afin d’y constater divers aspects des soutiens apportés à l’Autorité palestinienne (AP). Mais à huit mois de la première échéance, on peine à croire que ces ambitions seront assouvies dans les délais. D’autant que, très vite, les responsables palestiniens comme nos accompagnateurs européens émettent des réserves sur la sincérité israélienne s’agissant de laisser cette zone se développer. « L’énorme problème, se plaint Khaled Amleh, un des managers palestiniens,c’est : qui contrôle la frontière ? » La seule porte de sortie est le pont Allenby, sur le Jourdain, qui permet l’exportation des produits par la Jordanie. Il n’est ouvert que huit heures par jour, deux heures seulement le vendredi et fermé le samedi. « L’aéroport de Lod, lui, fonctionne 24 heures sur 24 pour l’export israélien, dit le Palestinien. Quand on se plaint, les militaires nous disent vouloir nous aider. En réalité ils nous baladent ». Les responsables de la zone franche négocient avec l’administration civile israélienne1 depuis deux ans une plus grande ouverture du pont. Rien ne bouge. « On dépend totalement de la volonté d’Israël. Nos produits pourrissent dans leur port d’Ashdod parce que les Israéliens ne délivrent pas les autorisations d’exportations ».

Depuis les accords d’Oslo, la Cisjordanie est divisée en trois « zones » :

la zone A regroupe environ 20 % du territoire, celui des grandes villes et de leur très proche environnement urbain, et 54 % de la population. L’Autorité palestinienne était supposée selon les accords y bénéficier d’un pouvoir civil et sécuritaire complet, même si, depuis la seconde Intifada en 2001, les forces israéliennes y entrent comme bon leur semble et y imposent leurs desiderata ; la zone B regroupe les bourgades moyennes et petites, hormis certains villages. Elle représente à peu près 20 % du territoire et 41 % de la population. L’Autorité palestinienne y détient le contrôle civil ; l’armée israélienne le contrôle sécuritaire ; en zone C — plus ou moins 60 % du territoire, 5 % de la population palestinienne —, Israël détient un contrôle total, militaire et civil. Les zones A et B sont elles-mêmes divisées en 469 unités territoriales séparées — des « confettis », comme on dit sur place — toutes entourées de la zone C, la seule disposant d’une « continuité territoriale ». On ne peut passer d’une partie des zones A ou B à une autre sans passer par un contrôle militaire israélien.

Retrouvez l’intégralité de l’article avec ce lien :
http://orientxxi.info/magazine/le-blues-des-diplomates-et-des-personnels-europeens-en-palestine,1819

 

3 –  Turquie – Europe : le risque de rupture (L’Express, Dorothée Schmid)

 

Erdogan ne cesse d’invectiver l’Europe, mais ce discours montre les failles du régime d’Ankara. Dorothée Schmid, responsable du Programme Turquie / Moyen-Orient de l’Ifri, analyse les raisons et les dangers de l’escalade.

Depuis un mois, les relations entre la Turquie et ses partenaires européens sont extrêmement tendues. Les insultes et les menaces volent bas dans des contextes préélectoraux marqués par la montée des extrêmes. Après l’interdiction de meetings politiques turcs en Allemagne, des ministres turcs ont ete déclarés persona non grata aux Pays-Bas. Les usages diplomatiques sont écorneé, des soupçons d’espionnage évoqués, la crise de confiance, jusqu’ici latente, est désormais totale, et entraîne le retour du debat sur la pertinence du processus d’adhésion de la Turquie a l’Union européenne – ouvert a la fin de 2005 et qui piétine depuis presque aussi longtemps. Apres avoir cultivé pendant des années une ambiguïté qui se voulait constructive, les deux parties se rapprochent du point de rupture. Prenant exemple sur les europhobes de l’Ouest, le tout-puissant président turc, Recep Tayyip Erdogan, songe à organiser un référendum pour mettre fin au projet de rejoindre l’UE, qu’il qualifie de « club chrétien ». Du côté des institutions de Bruxelles et de plusieurs capitales européennes, un seuil psychologique négatif est franchi depuis qu’Ankara bombarde Amsterdam, Berlin, Vienne, de discours dénonçant les « reliquats du nazisme et du fascisme ». Les termes sont repris, sans sourciller, par les officiels turcs a tous les niveaux de la hiérarchie, qui viennent ainsi compléter des accusations antérieures de racisme et d’islamophobie adressées a différents pays d’Europe. On peut en partie interpréter cette rhétorique incendiaire comme une comedie de campagne. Les citoyens de Turquie se rendent aux urnes le 16 avril pour voter pour ou contre une loi constitutionnelle qui donnera les pleins pouvoirs a Erdogan. La fièvre nationaliste qui s’est emparée de l’AKP, le parti islamiste en place depuis 2002, s’explique par la nécessité de resserrer les rangs et de capter l’électoral de l’extrême droite – dont l’influence croissante n’est pas une exclusivité européenne. Les électeurs de la diaspora ont déjà commencé à voter et les tensions qui travaillent la société turque s’exportent sur le sol europeen : les communautés originaires de Turquie, déjà clivées entre gauche et droite, sécularistes et islamistes, Turcs et Kurdes, connaissent maintenant des heurts entre les partisans de Tayyip Erdogan et ceux de Fethullah Gùlen, imam charismatique exilé aux Etats-Unis, accusé d’avoir fomenté un coup d’Etat en juillet 2016. Des électeurs kurdes et des nationalistes turcs se sont battus à coups de couteau dans la file du vote au consulat de Bruxelles; des diplomates et des militaires turcs demandent chaque jour l’asile dans les pays européens où ils sont postés, y compris en Norvège ; des manifestants du PKK, la guérilla séparatiste kurde qui figure sur la liste des organisations terroristes de l’UE, exhibent des portraits du leader emprisonné Abdullah Ôcalan tout en appelant publiquement au meurtre du président turc. Cette escalade de la violence est directement alimentée par révolution du régime politique turc. Ankara est entré, depuis l’année dernière, dans une spirale négative vertigineuse. L’exercice du pouvoir s’y résume à la gestion de l’interminable dialectique entre désordre et répression : face aux 300 morts du putsch militaire avorté, en juillet 2016, s’alignent des dizaines de milliers de fonctionnaires mis à pied, de citoyens lambda inquiétés pour de supposées sympathies avec le mouvement Gùlen, officiellement désigné comme « terroriste », mais aussi avec le PKK ou Daech. Plus de 100 journalistes sont emprisonnés pour les mêmes raisons théoriques – et surtout pour délit d’opinion. La Turquie est divisée, instable. Elle est aussi en guerre : en Syrie, où elle a mené, depuis août 2016, une laborieuse incursion qui a abouti à la prise de la ville d’Al-Bab à Daech. Les forces turques assurent aussi l’occupation d’une zone tampon empêchant l’unification de territoires kurdes à sa frontière. Sur le territoire de la République turque elle-même, où les forces de sécurité affrontent depuis 2015 le PKK dans un conflit peu documenté, qui a pourtant fait des centaines de victimes des deux côtés, causé d’énormes destructions et entraîné le déplacement de dizaines de milliers de personnes dans le Sud-Est (à majorité kurde). Or ce pays en flammes est un partenaire majeur de l’Occident. La Turquie est un émergent très prometteur du point de vue économique, un carrefour géographique massivement récipiendaire de financements européens. C’est le pilier de l’Otan au Moyen-Orient et notre indispensable associé pour y gérer la crise des réfugiés, dont l’ampleur a été largement sous-estimée. Déçue par les Etats-Unis, tentée de s’acoquiner avec la Russie de Poutine, la Turquie n’a en réalité pas d’autre option viable que de s’entendre avec l’UE. Le constat d’une Turquie forte face à une Europe faible est erroné. Il est urgent de retrouver une réflexion et une position commune pour contenir, une fois les différentes élections passées, la dérive politique et stratégique qui se dessine à Ankara. Un partenariat plus clair et plus exigeant rassurerait les Turcs et éviterait le déshonneur à l’Europe.

4 –  Guerre Urbaine : les leçons de Mossoul (TTU Online)

 

La bataille de Mossoul a démontré comment les djihadistes avaient fait évoluer leurs techniques de combat en milieu urbain dense. A Tikrit, Ramadi et Fallujah, l’Etat islamique avait bâti sa structure défensive à partir des zones rurales grâce à des champs de mines entourant les agglomérations, afin de préserver ses forces. Si la superficie de Mossoul était trop importante pour édifier un périmètre défensif, Daech a réalisé une étude de ses propres vulnérabilités pour concentrer son dispositif sur les axes de pénétration que constituent les embranchements d’autoroutes vers Erbil, Kirkouk ou Muhallabiyah pour y concentrer des clusters de bunkers, de tunnels, d’obstacles renforcés par des IED, mais surtout des zones d’embuscades favorables à l’usage des armes antichars. Ayant prépositionné sur les deux rives de multiples stocks d’armements et d’ateliers de confection de véhicules piégés (VBIED), les djihadistes ont résolument opté pour un schéma offensif fondé sur le mouvement de groupes ne dépassant jamais plus de trente combattants, en allant jusqu’à leur aménager des couloirs de circulation traversant les immeubles des zones résidentielles, afin de maximiser le risque de dégâts collatéraux pour l’aviation occidentale. Dès le début des combats, les attaques de nuit et les embuscades aux armes antichars ont eu pour but de couper le lien entre les forces d’infanterie et les blindés irakiens pour la reprise des rues. Et ce, pour ensuite isoler les fantassins de toute aide extérieure et les soumettre à des assauts ininterrompus pendant souvent plus de 24 heures et ainsi infliger le maximum de pertes. A ceci se sont ajoutés des raids fluviaux le long du Tigre, mais aussi terrestres portant parfois à plus de 15 km en dehors de la ville, afin d’opérer des frappes stratégiques sur les lieux de cantonnement des miliciens kurdes ou les forces d’élite. Le couple VBIED-drones a eu un rôle considérable, en atteignant jusqu’à quatorze attaques par jour. Des VBIED blindés de cinq tonnes réalisés dans les ateliers de l’Etat islamique opéraient en binôme, l’un étant destiné à neutraliser le premier rideau de défense adverse pour permettre au second d’atteindre son objectif. Leur guidage étant assuré par des drones du commerce, dont les pilotes circulaient autour de la ville en moto afin d’éviter d’être localisés. Quand les ateliers de VBIED furent tous détruits par l’aviation alliée, l’utilisation de drones DJI munis de grenades fut particulièrement meurtrière pour les forces au sol et les occupants des Humvee. En février, on a dénombré jusqu’à 70 opérations quotidiennes de ce type. Associées à l’usage des fumées toxiques provenant des sites industriels, les conséquences psychologiques ont été considérables pour les coalisés, qui n’ont jamais déployé au cœur de la ville plus de 6 000 militaires à la fois, malgré les 50 000 effectifs mobilisés. La tactique déployée par l’Etat islamique lui a, la plupart du temps, permis d’attaquer en supériorité numérique, en disposant d’un effectif permanent évalué entre seulement 450 et 800 combattants. Trois leviers ont permis au gouvernement irakien de bloquer le dispositif djihadiste : l’édification de barricades de véhicules autour de ses points fixes, le recours aux chars M1 contre les VBIED, et les résultats obtenus par les forces antiterroristes, qui ont été les seules à pouvoir réellement rivaliser avec les combattants de Daech. Mais ce sont surtout les opérations de l’Otan qui ont permis de retourner la situation en détruisant tous les points d’accès au fleuve, en interdisant en amont le recours aux VBIED (destruction des ateliers et multiplication des cratères de bombes sur les axes), et en brouillant les communications adverses par des opérations de guerre électronique offensives qu’elles soient au sol contre les drones, ou aériennes contre les centres d’opérations djihadistes, grâce au C-130 Compass Call. Mais la libération de la ville ne suffira pas toutefois à écarter tout danger. Le gouvernement irakien doit s’assurer de créer les conditions d’une paix durable non seulement par une présence antiterroriste permanente, mais surtout en rassemblant toutes les sensibilités sociales et religieuses autour d’un consensus commun.

LES ENJEUX DE LA DÉFENSE FRANÇAISE 

1 –  Général Mattis : les Français « ont toujours prouvé qu’ils étaient là quand il fallait faire face » (Zone militaire, Laurent Lagneau)

Sans le soutien des forces américaines dans les domaines du transport aérien et du ravitaillement en vol (voire du renseignement), l’opération anti-terroriste Barkhane, menée par la France dans la bande sahélo-saharienne (BSS), connaîtrait bien des difficultés. Avec l’élection de Donald Trump à la Maison Blanche, l’on pouvait nourrir quelques inquiétudes au sujet de la poursuite de cette aide dans la mesure où, lors de la campagne électorale, l’ancien homme d’affaires avait laissé entendre qu’il ne faudrait plus nécessairement compter sur les largesses américaines dans le domaine militaire. Pour rappel, l’admnistration Obama avait alloué une enveloppe de 10 millions de dollars par an pour appuyer les opérations françaises dans la BSS. Lors d’un déplacement à Djibouti, où les États-Unis disposent d’une base permanente, au Camp Lemonnier, le secrétaire américain à la Défense, l’ex-général James Mattis, a tenu des propos rassurants. Les Français « ont toujours prouvé qu’ils étaient là quand il fallait faire face » aux réseaux jihadistes, a-t-il dit, le 23 avril. On est loin de février/mars 2003, époque où le « french bashing » était à la mode à Washington pour l’opposition française à l’intervention américaine en Irak… « Je n’ai pas de doute que les Français continueront de prendre les meilleures décisions pour leur propre intérêt, et que les terroristes n’auront pas à se réjouir de ces décisions » après l’élection [présidentielle française], a continué M. Mattis lors d’un point de presse à Djibouti. Aussi, l’on peut supposer que l’appui américain à l’opération Barkhane continuera… Pour rappel, Djibouti a une importance cruciale d’un point de vue stratégique. De par sa position géographique, entre la mer Rouge et l’océan Indien, ce pays tient une place clef pour la protection du commerce maritime mondial (lequel transite par le détroit de Bab el-Mandeb), la lutte contre la piraterie maritime et la conduite des opérations antiterroristes menées par les États-Unis dans l’est de l’Afrique (en particulier contre les Shebab somaliens) et le au Yémen. Cette importance stratégique explique la présence de forces étrangères dans ce pays. Outre les emprises militaires françaises et américaines, Djibouti accueille également une base permanente japonaise et la Chine est en train d’en construire une. Et cela ne plaît pas trop à Washington, qui paie un loyer de 65 millions de dollars par an pour les installations du camp Lemonnier. Ainsi, le général Thomas Waldhauser, le chef de l’US Africom, le commandement militaire américain pour l’Afrique, a indiqué au Congrès qu’il avait fait part de « ses préoccupations » au président djiboutien, Ismaïl Omar Guelleh, en insistant sur « ce qui est important pour nous que les Chinois fassent ou ne fassent pas. »

2 –  Chammal : le ravitaillement en vol, une capacité stratégique pour la campagne aérienne contre Daech (Defense.gouv.fr armée de l’air)

Le C135FR engagé dans l’opération Inherent resolve délivre 22 tonnes de carburant. Dans un contexte de fort engagement des moyens aériens français au Levant pour lutter contre Daech, un détachement du groupe de ravitaillement en vol 02/091 « Bretagne », de la base aérienne d’Istres, est arrivé dans le golfe Arabo-persique (GAP) le 12 avril 2017, en renfort du dispositif aérien français déjà déployé. Les 14 Rafale et l’Atlantique 2 engagés dans la force CHAMMAL permettent de détruire les capacités militaires et les flux logistiques de Daech ainsi que d’appuyer les forces de sécurité locales au contact. Ces missions de frappes et de renseignement, réalisées en Irak comme en Syrie, interviennent  en appui des forces amies au sol au cours de vols allant parfois au-delà de dix heures. D’autres aéronefs, comme l’E-3F (AWACS) de la base aérienne d’Avord, engagé depuis le début de mars au Qatar, ont un rôle stratégique pour le bon accomplissement de ces frappes. C’est aussi le cas de l’avion Boeing C135-FR déployé par les armées françaises sur le théâtre.

Une capacité stratégique

Le C135-FR assure le ravitaillement en vol de tous les aéronefs de combat alliés intervenant au Levant. Il leur offre allonge, réactivité, permanence et souplesse d’emploi. Sous les ordres du Centre de commandement des opérations aériennes (CAOC) basé au Qatar, lequel planifie et conduit toutes les opérations aériennes de la coalition, le C135-FR a réalisé plus de 230 missions de ravitaillement en vol au cours de ses multiples détachements dans le cadre de Chammal. En dix jours de présence dans le GAP, il a déjà effectué de nombreuses rotations, fort de l’engagement de deux équipages complets.

Un contexte multinational

« En plus du ravitaillement en nacelles (POD), qui correspond aux paniers situés en bout d’ailes avec lesquels nos pilotes sont familiers, le C135-FR possède une perche en queue de l’avion (sur laquelle nombre d’avions étrangers peuvent se ravitailler » indique le CDT Gerald, chef du détachement. Cette double capacité de ravitaillement en vol lui confère un intérêt majeur au sein des missions de la coalition internationale, nombre de ravitailleurs étrangers ne disposant que d’un seul dispositif de ravitaillement. « En moyenne, à chaque sortie », précise le commandant Gerald, « nous délivrons jusqu’à 22 tonnes de carburant aux chasseurs au cours d’un vol de sept heures, transits compris, aussi bien pour les Rafale, l’AWACS que pour les autres avions de la coalition comme les Eurofighter européens ou les B1B américains. Le nombre d’aéronefs engagés nous impose également de nous rassembler sur des zones bien définies au sein desquelles peuvent s’empiler plusieurs ravitailleurs ». Les capacités de projection de forces et de puissance étant indispensables au succès des opérations, une modernisation de la flotte aérienne à base d’A330 Multi Rôle Transport Tanker (MRTT) est prévue, avec une première livraison l’année prochaine. L’adaptation des moyens des armées françaises, au Levant comme sur les autres théâtres, se poursuit ainsi afin de toujours mieux combattre et appuyer nos partenaires en opérations. Lancée depuis le 19 septembre 2014, l’opération Chammal représente la participation française à l’OIR (Opération Inherent Resolve) et mobilise aujourd’hui près de 1 200 militaires. A la demande du gouvernement irakien et en coordination avec les alliés de la France présents dans la région, l’opération Chammal repose sur deux piliers complémentaires : un pilier « formation », au profit d’unités de sécurité nationales irakiennes et un pilier «  appui », consistant à soutenir l’action des forces locales engagées au sol contre Daesh au travers de la Task Force Wagram et à frapper les capacités militaires du groupe terroriste à l’aide du système d’armes RAFALE.

3 – L’économie aussi protégée par la gendarmerie (La Nouvelle République)

Les chefs d’entreprises et les élus étaient réunis par la gendarmerie sur le sujet de la sécurité économique.

Le département est pilote sur le dossier d’intelligence économique. Les militaires organisaient, mardi, un premier séminaire pour les entreprises.

L’imprudence, les gestes trop confiants, s’illustrent jusque dans l’organisation de la réunion au lycée agricole de Châteauroux. « On a eu en un coup de téléphone, les mails personnels des directeurs ou l’objet de la réunion à laquelle ils assistaient. » Des informations sensibles qui sont susceptibles, à terme, de permettre des arnaques. « Et c’est dans ce genre de cas qu’il peut y avoir une «  attaque au président  » », assure le lieutenant-colonel Philippe Lagrue qui dirige le groupement de gendarmerie de l’Indre. L’usage détourné des mails des dirigeants peut amener à des versements d’argent sur un compte frauduleux. « C’est ce qui a coûté 20 millions d’euros à la société Vallourec, il y a quelques années. »

Cent dix-huit cyberattaques

Les menaces qui pèsent sur les entreprises, notamment en terme de cyber-attaques, sont réelles. « Elles ont souvent du mal à le réaliser. Quand ça leur tombe dessus, elles ne savent pas d’où ça vient », expliquait l’adjudant Bonnin, chargé dans le département des enquêtes liées à la cybercriminalité. « La meilleure solution pour ces délits, c’est la prévention : sitôt que l’argent passe les frontières, ça devient compliqué. » Ce dernier s’est donc attaché à exposer des cas concrets traités dans l’Indre. La gendarmerie a recensé 118 cyberattaques concernant en majorité des entreprises de moins de 500 salariés. « Rendez-vous service, payez 20 ou 30 € de plus pour avoir une clé USB cryptée : ça évitera que des documents financiers sensibles, une liste de clients ou autre, ne tombent dans de mauvaises mains », conseillait ainsi Christophe Sauvion, délégué régional à l’information stratégique et à la sécurité économique. Il fait partie d’un service interministériel, le Commissariat à l’information stratégique et à la sécurité économique (Cisse). « Notre but, c’est de protéger les entreprises qu’on estime irremplaçables pour le territoire. » Le service se mobilise aussi sur la surveillance des investissements étrangers en France.
Et la question du rachat des terres agricoles fait partie de son champ d’action. « C’est un sujet particulièrement suivi dans la région. On est dans le cadre d’un état de droit et aussi du droit international. » D’où l’intégration du département de l’Indre parmi les neufs territoires qui expérimentent cette sécurité économique avec tous les acteurs. Ils sont aussi appuyés par le service d’intelligence économique conduit par le préfet de région. Les actions à mener sont nombreuses mais commencent par la plus simple : l’information.

INDUSTRIE ET ÉCONOMIE 

1 –  Thales avale une start-up californienne et confirme vouloir devenir un leader du Big Data (La Tribune, Michel Cabirol)

Thales fait l’acquisition de l’américain Guavus, un des pionniers de l’analyse big data en temps réel. Montant de l’acquisition : au maximum 215 millions de dollars. Thales fonce tous azimuts vers l’eldorado du big data. Son PDG Patrice Caine y croit dur comme fer, c’est là où sera la croissance et la valeur ajoutée du groupe électronique dans les prochaines années. D’où cette acquisition très logique d’une start-up californienne au chiffre d’affaires certes modeste (plus de 30 millions de dollars en 2017) mais qui entre dans le droit fil de la stratégie du big data de Thales. D’ailleurs, le groupe n’a pas hésité à débourser une jolie somme pour acquérir Guavus (plus de 200 millions de dollars), un des pionniers de l’analyse de mégadonnées (le fameux big data) en temps réel. Ainsi, Thales renforce son portefeuille d’activités de hautes technologies pour accompagner ses clients dans leur transformation digitale. « Combinée avec nos compétences établies dans les autres technologies clés du numérique, l’acquisition de Guavus représente un formidable accélérateur de notre stratégie digitale au profit de nos clients, a estimé Patrice Caine cité dans le communiqué. L’application aux grands métiers de Thales des technologies et des expertises de Guavus en matière d’analyse de données massives va renforcer notre capacité à accompagner la transformation digitale de nos clients, que ce soit dans l’aéronautique, l’espace, la signalisation ferroviaire, la défense ou la sécurité ». « L’impact de cette acquisition sur l’EBIT 2017 de Thales devrait être non matériel », a expliqué le groupe dans un communiqué publié ce vendredi. Cette transaction est réalisée pour une valeur d’entreprise qui pourrait atteindre « un montant maximum de 215 millions de dollars, sous réserve de l’atteinte d’objectifs de croissance significative du chiffre d’affaires« ,a-t-il précisé. Elle est soumise aux approbations réglementaires et aux conditions habituelles de clôture et devrait être finalisée au cours du troisième trimestre 2017.

Retrouvez l’intégralité de l’article avec ce lien :
http://www.latribune.fr/entreprises-finance/industrie/aeronautique-defense/thales-avale-une-start-up-californienne-et-confirme-vouloir-devenir-un-leader-du-big-data-699406.html

2 – 319 véhicules Grifon et 20 engins Jaguar commandés à Nexter, Renault Trucks defense et Thales par la DGA dans le cadre du programme Scorpion (DICOD)

 

Versailles, le 24 avril 2017 – La Direction Générale de l’Armement (DGA) a notifié à Nexter, Renault Trucks Defense et Thales la première commande de production de 319 véhicules GRIFFON et de 20 engins JAGUAR dans le cadre du marché Engins Blindés Multi Rôles. Ce contrat intègre le soutien logistique ainsi que la formation associée. Etape cruciale du programme SCORPION, la notification de cette tranche conditionnelle va ainsi lancer la production de ces nouveaux véhicules après 27 mois seulement de développement. Le Véhicule Blindé Multi Rôles GRIFFON et l’Engin Blindé de Reconnaissance et de Combat JAGUAR, tous deux fortement protégés, remplaceront respectivement les VAB ainsi que les AMX10RC, les ERC Sagaie et les VAB Hot utilisés intensivement par l’armée de Terre depuis plus de trente ans. Ils permettront à l’armée de Terre de disposer d’un outil de combat de dernière génération doté des meilleures technologies de protection et d’infovalorisation des données numérisés sur le champ de bataille. Les équipes de Nexter, Renault Trucks Defense et Thales sont parfaitement en ligne sur les jalons du marché pour tenir les engagements de qualification et de production, avec les premières livraisons des véhicules GRIFFON en 2018 et des engins JAGUAR en 2020. La mise en commun des savoir-faire et des capacités d’innovation est une force pour concevoir des véhicules connectés pour le combat collaboratif de demain, dotés d’un haut niveau de protection, d’une adaptabilité optimale par la reconfigurabilité des véhicules en fonction des besoins opérationnels, d’une grande mobilité, de systèmes d’armes performants. Le programme SCORPION prévoit une livraison par le GME de 1 668 véhicules GRIFFON et 248 engins JAGUAR à l’armée de Terre française, ainsi que les moyens de soutien logistique associés. Jean-François Pellarin, Directeur du programme SCORPION au sein du GME et mandataire du marché EBMR, a déclaré « Nous sommes fiers de cette nouvelle marque de confiance de la Direction Générale de l’Armement et sommes impatients de lancer la phase de production de ces nouveaux matériels, qui vont projeter les capacités opérationnelles de l’armée de Terre vers le futur».

GRANDS PROBLÈMES DE DÉFENSE ET DE SÉCURITÉ

1 – 2017 ou les fortunes diverses du leadership en Asie (IRIS, Olivier Guillard)

Prolongement logique d’un crépuscule 2016 ‘difficile’ en Asie-Pacifique – péninsule coréenne, Asie méridionale (Afghanistan, Pakistan), sud-est asiatique (Birmanie) -, le premier trimestre 2017 s’est hélas avéré de la même eau : entre tempêtes politiques (Corée du sud), chaos sécuritaire associant conflits et fléau terroriste (Afghanistan, Pakistan, Birmanie, Bangladesh) et tensions géopolitiques préoccupantes (Corée du nord/Etats-Unis ; Chine continentale/ Taiwan ; Inde/Pakistan). L’occasion de centrer l’attention des lecteurs sur les dirigeants asiatiques du moment, sur leurs agendas politiques, verbe et propos, ou encore leur avenir personnel à court terme qui brillent par leur diversité. À l’occasion, leurs excès seront aussi évoqués. À des fins pédagogiques et de clarté, le parti pris d’un classement thématique des situations des un(e)s et des autres a été retenu. 

Les personnalités les plus controversées du moment

Un tiercé disparate d’individus, responsables politiques de premier plan dans leur pays respectif (Corée du Nord, Philippines et Afghanistan), émerge indiscutablement du lot. Rien qui ne doive réellement au hasard.

Kim Jong-un (Corée du nord)

Si la palme du mauvais goût et de l’indéfendable mettait aux prises un redoutable trio de compétiteurs de Pyongyang à Kaboul, en passant par Manille, le prix de la personnalité asiatique la plus controversée du trimestre revient malgré tout – à l’unanimité – au dirigeant suprême nord-coréen Kim Jong-un. Cinq ans après l’arrivée du ‘Jeune Maréchal’ aux affaires de la République populaire démocratique de Corée (RPDC), on ne loue déjà plus ses ‘’bonnes manières’’ et son appétence pour la provocation, non seulement envers Séoul et Washington, mais également Pékin. Après une année 2016 menée sur un rythme enlevé – deux essais nucléaires, 24 tirs distincts de missiles balistiques -, le petit-fils de Kim Il-sung et les cercles du pouvoir de Pyongyang semblent à l’évidence partis sur des bases 2017 élevées. Ils agglomèrent ainsi dans un bilan trimestriel des plus douteux un assassinat (de Kim Jong-nam, demi-frère de Kim Jong-un, à Kuala Lumpur), des énièmes aventurismes politico-militaires[1] et une promesse (à terme) d’apocalypse nucléaire au sud du 38e parallèle et sur le sol américain. Qui dit pire ?

Retrouvez l’intégralité de l’article avec ce lien :
http://www.iris-france.org/93290-2017-ou-les-fortunes-diverses-du-leadership-en-asie/

 

2 – Evaluation française de l’attaque chimique de Khan Cheikhoum (un peu d’air frais)

Attaque chimique du 4 avril 2017 (Khan Cheikhoun) Programme chimique syrien clandestin
Ce document est constitué de renseignements déclassifiés issus des sources propres françaises.

Le 4 avril 2017, des frappes aériennes contre des civils dans la ville de Khan Cheikhoun ont tué plus de 80 personnes. Selon nos experts, les symptômes constatés immédiatement après (myosis, suffocation, lèvres bleues, mousses blanches sur le visage, convulsions), tout comme le nombre élevé de décès et le fait que certains secouristes et membres du personnel médical ont subi des contaminations secondaires, sont caractéristiques de l’emploi d’un agent neurotoxique à forte létalité. Ceci est désormais confirmé de façon scientifique (cf. infra). Ces frappes s’inscrivent dans un contexte d’emploi continu depuis 2013 d’armes ou d’agents chimiques en Syrie, notamment lors de frappes aériennes, y compris après que le régime syrien s’était engagé à démanteler son arsenal chimique le 25 octobre 2013. La France a, à plusieurs reprises, collecté des prélèvements biomédicaux, environnementaux et des munitions ou morceaux de munitions en Syrie. La France a pu confirmer en plusieurs occasions l’emploi de chlore et de sarin. Un tableau joint à ce document liste les évaluations françaises.

      Analyse technique de l’attaque chimique du 4 avril

a) La France a mis en oeuvre les moyens nécessaires pour disposer de ses propres échantillons issus de l’attaque présumée au sarin le 4 avril 2017 dans la province d’Idlib.

b) Les analyses réalisées par les experts français sur des échantillons environnementaux, prélevés à l’un des points d’impact de l’attaque chimique survenue à Khan Cheikhoun, le 4 avril 2017, révèlent la présence de sarin, d’un produit secondaire spécifique (le diisopropylméthylphosphonate – DIMP), formé lors de la synthèse de sarin à partir d’isopropanol et de DF (difluorure de méthylphosphonyle), et d’hexamine. L’analyse des échantillons biomédicaux montre également qu’une victime de Khan Cheikhoun, dont le sang a été prélevé en Syrie le jour même de l’attaque, a été exposée au sarin. La France confirme donc de façon indépendante et avec certitude que du sarin a été employé le 4 avril. Les Etats-Unis, le Royaume-Uni, la Turquie et le Directeur général de l’OIAC ont de leur côté établi l’emploi de sarin sur la base d’analyses de prélèvements biomédicaux.

Retrouvez l’intégralité de l’article avec ce lien :
http://unpeudairfrais.org/evaluation-francaise-de-lattaque-chimique-de-khan-cheikhoun/

 

3 – D’Assise au Caire. Un nouveau sommet des religions sur la paix : pour quoi faire ? (IRIS, Nicolas Kazarian)

 

Le Lecteur et/ou l’Auteur  s’engage à garder ce code d’accès privilégié confidentiel et à  faire en sorte qu’il ne puisse être utilisé par un Tiers.
Le pape François se rendra au Caire les 28 et 29 avril 2017 pour une courte visite d’à peine quarante-huit heures, le temps de participer à la conférence internationale sur la paix organisée par le grand imam de la mosquée al-Azhar, Ahmed al-Tayeb. Cette rencontre se veut un moment fort dans les relations islamo-chrétiennes, de même qu’une réponse interreligieuse à l’extrémisme et au terrorisme.

L’importance du dialogue interreligieux après Assise

En 1986, le pape Jean-Paul II organisait à Assise la première réunion interreligieuse à l’échelle mondiale. Le conflit au Liban faisait alors rage. Depuis, « la journée mondiale de prière pour la paix » est devenue un rendez-vous annuel incontournable, à mesure que le fondamentalisme religieux s’imposait comme une source de violence sur la scène internationale. Les événements du 11 septembre 2001 avaient renforcé une nécessaire visibilité interreligieuse afin de déminer l’impression artificielle de guerre de religion. Les images deviennent rapidement des symboles. L’engagement pour la paix et contre l’inexorable affrontement des systèmes de croyances passe, par conséquent, par le dialogue de ses principaux responsables ; ce qui permet un changement dans les représentations de l’Autre et fait de la paix un objectif mutuel de coopération. L’année dernière, c’était au pape François que revenait de présider le 30e anniversaire de ces Rencontres. L’appel lancé en septembre 2016 à l’issue de ce jubilé rappelait : « Nous reconnaissons la nécessité de prier constamment pour la paix, parce que la prière protège le monde et l’illumine. La paix est le nom de Dieu. Celui qui invoque le nom de Dieu pour justifier le terrorisme, la violence et la guerre ne marche pas sur sa route : la guerre au nom de la religion devient une guerre à la religion elle-même. Avec une ferme conviction, nous réaffirmons donc que la violence et le terrorisme s’opposent au véritable esprit religieux. »[1]

Une conférence pour la paix dans l’espace musulman

Retrouvez l’intégralité de l’article avec ce lien :
http://www.iris-france.org/93361-dassise-au-caire-un-nouveau-sommet-des-religions-sur-la-paix-pour-quoi-faire/

4 – En 2016, les dépenses militaires ont représenté 2,2% du PIB mondial (Zone militaire, Laurent Lagneau

 

Selon les données que vient de publier le Stockholm International Peace Research Institute, les dépenses militaires mondiales ont encore légèrement augmenté de 0,4% en termes réels, l’an passé, pour s’établir à 1.699 milliards de dollars, soit 2,2% du PIB mondial. Comme toujours, ces chiffres sont à manier avec précaution dans la mesure où le périmètre des dépenses militaires n’est pas le même d’un pays à l’autre. En outre, il faut prendre en considération les différences de niveau de vie, la solde d’un soldat chinois n’étant, par exemple, pas du tout la même que celle d’un militaire occidental. Cela étant, l’étude du Sipri permet de déterminer les grandes tendances des politiques menées en matière de défense par la plupart des pays pour lesquels les données budgétaires sont disponibles. Ainsi, sans surprise, les dépenses militaires des États-Unis restent les plus importantes au niveau mondial. Et après quelques années de baisse en raison des coupes automatiques dans les bugdets fédéraux, elles sont nettement reparties à la hausse entre 2015 et 2016, avec un total de 611 milliards de dollars (+1,7%, 3,3% du PIB), cette somme comprenant le budget du Pentagone et celui dédié aux opérations extérieures. Ce montant reste inférieur de 20% au « pic » observé en 2010. « En dépit des restrictions légales continues sur le budget global des États-Unis, les augmentations des dépenses militaires ont été accordées par le Congrès », souligne Aude Fleurant, directrice du programme Armes et dépenses militaires (AMEX) du SIPRI. « Les évolutions des dépenses futures restent incertaines en raison du changement de situation politique aux États-Unis », estime-t-elle. Cela étant, au regard des annonces faites par le président Trump, qui a dit vouloir augmenter le budget du Pentagone de 54 milliards de dollars, il est plus que probable que cette tendance à la hausse se poursuive dans les années qui viennent. Le budget militaire chinois arrive en deuxième position, avec un montant de 215 milliards de dollars (+5,14% en 2016). Les chiffres donnés par le Sipri sont nettement supérieurs à ceux avancés par Pékin. L’an passé, l’enveloppe allouée à l’Armée populaire de libération (APL) était officiellement de 143 milliards de dollars. Les efforts de la Chine pour développer ses forces armées ainsi que les tensions liées à des différends territoriaux ne sont pas sans conséquence sur l’évolution des dépenses militaires de la zone « Asie-Pacifique », lesquelles ont globalement augmenté de 4,6% en 2016. L’Inde se situe largement au-dessus de cette moyenne, avec une hausse de 8,5% de son budget alloué à sa défense (55,9 milliards de dollars). Loin derrière les États-Unis et la Chine, la Russie a dépensé 69,2 milliards de dollars pour ses forces armées en 2016, soit 5,9% de plus par rapport à l’année précédente. Ce montant, équivalent à 5,3% de son PIB, n’a jamais été aussi important depuis l’éclatement de l’Union soviétique, souligne le SIPRI. « Cette hausse des dépenses et ce lourd fardeau pour l’économie pèsent à un moment où l’économie russe est dans une situation délicate à cause de la faiblesse des cours des hydrocarbures et des sanctions économiques imposées depuis 2014 », en raison du conflit ukrainien, note l’institut suédois. Sur le podium l’an passé, l’Arabie Saoudite se classe désormais quatrième en terme de dépenses militaires. Ces dernières ont fortement baissé en 2016 (-30%), à 63,7 milliards de dollars. Alors que les forces saoudienne restent engagées au Yémen, cette chute s’explique essentiellement par la baisse des revenus pétroliers, laquelle a généré un certain nombre de problèmes économiques. Le royaume saoudien n’est pas le seul à connaître pareille situation : c’est lot de nombreux pays exportateurs d’or noir, à commencer par l’Irak (-36%). Par ailleurs, les pays européens, en particulier les membres de l’Otan, n’ont pas attendu l’arrivée de M. Trump à la Maison Blanche pour augmenter leurs budgets militaires. D’après le Sipri, la France se classerait 6e au niveau mondial, avec 55,7 milliards de dollars (environ 50 milliards d’euros). Comment l’institut suédois arrive à ce total, sachant que la mission « Défense » a une enveloppe d’environ 32 milliards d’euros en 2016? Mystère. Quoi qu’il en soit, les dépenses militaires européennes ont affiché une croissance de 2,6% en 2016, pour être portée à 338 milliards de dollars. « L’accroissement des dépenses de nombreux pays d’Europe centrale peut être attribué en partie à la perception d’une Russie représentant une menace plus grande », explique Siemon Wezeman, chercheur du SIPRI. Et « ceci, malgré le fait que les dépenses de la Russie en 2016 ne représentent que 27 % du total combiné des pays européens membres de l’Otan », a-t-il ajouté. Enfin, si les dépenses militaires sont en hausse dans certaines parties du monde, elles sont en revanche nettement en déclin dans d’autres, comme en Afrique (-1,3%) et en Amérique du Sud (-7,8%), en raison principalement, là aussi, par les difficultés rencontrées par les pays producteurs du pétrole (Angola, Venezuela, Brésil, Équateur, etc).

Publicités