ORGANISATION DE COOPÉRATION DE SHANGHAI – OCS
UNE INSTRUCTION EURASIATIQUE PUISSANTE ET EFFICACE (1/2)

Par Jean Pierre ARRIGNON
20 mars 2017

L’Organisation de coopération de Shanghai est une organisation internationale reconnue par l’ONU. 

Pourtant, cette organisation reste en bien des points, mystérieuse, au point que les « spécialistes » diffèrent radicalement sur son appréciation. En effet, pour les uns, elle serait la grande organisation asiatique du XXIe s. en mesure de régler tant les différents frontaliers que de lutter contre le terrorisme et d’assurer une politique commune de développement économique ; pour les autres, il ne s’agit que d’un trompe-l’œil qui dissimuleraient les tensions entre la Chine et la Russie et éclaterait à la première crise ! Nous présenterons tout d’abord l’historique de sa création, puis dans une deuxième partie ses objectifs et son organisation ; enfin, nous préciserons son rôle au sein des autres organisations internationales. 

Historique de sa création

L’initiative de la création d’une grande organisation asiatique revient au Premier Ministre russe Evguénij Primakov qui crée, en 1996 une association informelle dite « Shanghai five » comprenant La Chine, la Russie, le Kazakhstan, Kirghizstan et Tadjikistan. Les 14-15 juillet 2001, à Shanghai, les 5 pays précités auquel il faut ajouter l’Ouzbékistan forment officiellement une organisation régionale asiatique dont le siège est fixé à Shanghai. Les pays qui entrent dans cette coopération sont classés en Etats membres, les 6 pays fondateurs plus l’Inde et le Pakistan (2016) ; Etats observateurs : Mongolie (2004), Iran (2005), Afghanistan (2012) Biélorussie (2015) ; Etats partenaires de discussion : Sri Lanka (2009), Turquie (2012), Cambodge, Azerbaïdjan, Arménie et Népal (2015) ; Invités de l’Organisation : ASEAN (2011), Turkménistan (2012). La liste n’est pas close ; elle est ouverte aux Etats et aux Organisations qui souhaiteraient y adhérer ou y être invités, cas de l’Union européenne. Seul, les Etats Unis et le Japon en sont exclus.

Aujourd’hui, l’OCS représente près de 50% de la population mondiale et dispose de 20% des ressources mondiales de pétrole, 38% de celles de gaz naturel, 40% de celles du charbon et 30% de celles d’uranium. Ils semblent aujourd’hui impossible de négliger cette structure qui par sa population, ses besoins en développement et ses ressources est une des composantes majeures de la mondialisation économique !

 Ses objectifs et son organisation

A l’origine, le Groupe des 5 avait pour objectif de régler les problèmes de frontière notamment entre l’Union soviétique et la Chine, le long du fleuve Amour, d’instaurer des relations de dialogue entre les Etats membres, enfin de faciliter la coopération économique.[]

Avec la disparition de l’URSS en 1991 et la création des Républiques indépendantes d’Asie centrale qui suivit, ainsi que les menaces de déstabilisation de ces jeunes Républiques sous le coup des révolutions « de couleur » soutenues par l’étranger, la situation géopolitique de l’Asie devenait très dangereuse. La création de l’Organisation de Shanghai en 2001 répondait à l’inquiétude de la Chine de voir se déstabiliser toute l’Asie centrale qui se prolonge jusque dans la province chinoise du Xinjiang, peuplée de Ouïgours, turcophones et marquait la volonté de la Chine et de la Russie d’organiser sous leur double tutelle la recomposition de l’Asie centrale pour annihiler toutes tentatives de déstabilisation de ces jeunes Républiques.

L’organisation est formalisée par le traité de 2001, concomitant à l’extension à un sixième pays, l’Ouzbékistan. Le secrétariat de l’OCS est installé à Pékin. Ses institutions sont créées en 2002 : Charte, fondation du RATS (Structure anti-terroriste régionale) dont le siège est situé à Tachkent, représentation à l’ONU.

L’objectif des membres de l‘OCS est d’obtenir par le dialogue et les rencontres mutuelles des chefs d’Etats ou de gouvernement :

-le renforcement de la confiance mutuelle et l’établissement de bons rapports de voisinage entre les Etats membres ;

-la coopération entre ces Etats dans les domaines politiques, économiques et commerciaux, scientifiques et techniques, culturels et éducatifs, ainsi que dans les domaines de l’énergie, du transport, du tourisme et de l’environnement ;

-l’organisation de manœuvres militaires communes ;

-la sauvegarde de la paix de la sécurité et de la stabilité régionale ;

-la création d’un ordre politique, économique et international nouveau, plus juste et démocratique.

 []Pour y parvenir, chaque année, se tient dans une capitale différente, soit un sommet des chefs d’Etat soit, des chefs de gouvernement, au cours desquels sont définis les grandes orientations de l’OCS, ainsi que l’élargissement à de nouveaux membres.

Il est à souligner que cette Organisation est représentée dans chacun des ministères régaliens des Etats membres par un bureau chargé d’examiner la production législative en cours à l’aune de l’OCS afin d’aboutir à une cohérence globale et à une harmonisation de la législation de tous les Etats membres.

Vous pouvez lire l’article dans sa totalité sur  GEOPOLITIKA :  http://blogjparrignon.net

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