REVUE DE PRESSE
ESPRIT SURCOUF
n°5

SOMMAIRE

  • ACTUALITÉS INTERNATIONALES :
  1. Tournée de Vladimir Poutine en Asie centrale : quels enjeux ?
  2. Pékin face à la menace du terrorisme islamique : quelle réalité ?
  3. OTAN : il n’y a pas que des inconnues
  4. L’AIEA appelle la Corée du Nord à coopérer avec elle sur son programme nucléaire

  • LES ENJEUX DE LA DÉFENSE FRANÇAISE :
  1. La pérennisation de la composante océanique : enjeux et perspectives
  2. La modernisation des deux composantes de la dissuasion nucléaire n’est pas négociable
  • INDUSTRIE ET ÉCONOMIE :
  1. « Il n’y a pas de souveraineté sans industrie forte », assure le DGA, Laurent Collet-Billon, après une puissante année 2016
  2. Les ventes de Falcon battent de l’aile, Dassault tient bon le marché
  • GRANDS PROBLÈMES DE DEFENSE ET DE SECURITE:
  1. Quelques questions à Pierre Lelouche
  2. Bienvenue au HK 416 F
  3. Repenser le monde, une ardente obligation

 

De Jacques Raimond
13 mars 2017

 

ACTUALITÉS INTERNATIONALES

 

 1 –  Tournée de Vladimir Poutine en Asie centrale : quels enjeux ? (IRIS, interview de Samuel Carcanague)

 

Du 26 au 28 février 2017, le président russe s’est rendu dans trois pays centre-asiatiques : le Kazakhstan, le Tadjikistan et le Kirghizstan.

Quels sont les enjeux de la visite de Poutine dans ces trois pays d’Asie centrale et quelle relation Moscou entretient-elle avec eux ? Quid de l’Ouzbékistan et du Turkménistan ?

Le Kazakhstan, le Kirghizstan et le Tadjikistan sont les pays considérés comme les plus proches de la Russie en Asie centrale. Le Kazakhstan constitue le premier partenaire économique de Moscou et les relations entre les deux dirigeants sont étroites. Le Kirghizstan est également assez proche en tant qu’Etat membre de l’Union économique eurasiatique (UEE). Le régime politique tend par ailleurs à se rapprocher du type de régime russe, avec un tournant autoritaire, réduisant quelques libertés et affichant une certaine hostilité envers les valeurs occidentales. Enfin, la Russie a un intérêt sécuritaire important au Tadjikistan, lié au trafic de drogue qui passe par ce territoire. Quant à l’Ouzbékistan, Poutine s’y était rendu en septembre pour rencontrer le nouveau président ayant succédé à Islam Karimov après son décès fin août. Le dirigeant russe a tout de même envoyé son chef des renseignements à Tachkent. Concernant le Turkménistan, Poutine a téléphoné au président Gourbangouli Berdimukhamedov en promettant de venir lui rendre visite en 2017.

Retrouvez l’intégralité de l’article avec ce lien : 
http://www.iris-france.org/90159-tournee-de-vladimir-poutine-en-asie-centrale-quels-enjeux/

 

2 –  Pékin face à la menace du terrorisme islamique : quelle réalité ? (IRIS – le point de vue de Barthélémy Courmont)

 

Les autorités chinoises doivent-elles prendre les menaces de Daech au sérieux ? Quel est le lien avec la situation de la minorité ouïghoure en Chine ?

Les autorités chinoises doivent prendre ces menaces au sérieux pour deux raisons essentielles. Tout d’abord parce que Daech est capable de frapper dans une multitude de lieux. Il s’agit de régions, notamment au Moyen-Orient, dans lesquelles la Chine est de plus en plus présente sous la forme d’investissements ou d’expatriés qui y travaillent. A partir du moment où Daech cible la Chine, en plus du ciblage traditionnel des démocraties occidentales, on peut effectivement s’attendre à ce que ces menaces soient mises à exécution par des groupuscules locaux. L’autre raison est évidemment liée au territoire chinois et à la question des Ouïghours, essentiellement situés dans la province du Xinjiang (ouest de la Chine). Cette minorité peut être tentée, en tous cas pour les plus activistes d’entre eux, par un rapprochement avec Daech. D’ailleurs, il a déjà été observé à plusieurs reprises des revendications ouïghoures qui annonçaient, de manière exagérée ou réelle difficile à déterminer, une allégeance à Daech. Bien évidemment, ce lien attire l’attention des autorités chinoises, le plus grand risque étant lié à une recrudescence de la violence dans la province du Xinjiang. De plus, la violence exercée par certains groupuscules ouïghours ne se limite pas forcément à cette province mais pourrait se généraliser à l’ensemble du territoire chinois.

Retrouvez l’intégralité de l’article avec ce lien :
http://www.iris-france.org/89916-pekin-face-a-la-menace-du-terrorisme-islamiste-quelle-realite/

 

3 –  OTAN : il n’y a pas que des inconnues (TTU Online)

 

Alors que la dernière ministérielle de l’Otan, avec la participation du nouveau secrétaire américain à la Défense, a créé «l’événement» et multiplié les commentaires, l’Alliance poursuit, en coulisse, sa «révolution intérieure» pour être à même d’affronter les défis de ce début de XXIsiècle. Face à l’imbrication de menaces étatiques et non étatiques, le Commandement allié Transformation (ACT) de Norfolk est, sous la houlette du général Denis Mercier (SACT), à la manœuvre pour définir l’outil militaire et la structure de commandement de demain. Ainsi, en vertu du concept stratégique et du niveau d’ambition affiché de l’Alliance, quelle force militaire est-elle à même de répondre à ces menaces ? La réponse : le NATO Defense Planning Process, dans le cadre duquel les Etats membres travaillent de concert avec l’ACT pour orienter les efforts capacitaires vers plus de complémentarité et de cohérence. Ce qui consiste concrètement pour chaque pays à mener une revue capacitaire précise permettant d’identifier les «trous» éventuels puis, pour l’ACT, à formuler des recommandations sur les capacités à renforcer, qui seront réorientées en tenant compte des priorités de chaque pays. Le tout en veillant, dans un second temps, à ce que cet effort soit bien inscrit dans les différents Livres blancs nationaux (ou équivalents). Ce dialogue, en cours, devrait se poursuivre jusqu’au mois de juin, après quoi débuteront des travaux pour étudier des regroupements de capacités jugées trop lourdes pour être portées individuellement par chaque Etat membre : brigades blindées, avions de combat, ravitailleurs, lutte anti-sous-marine et moyens ISR par exemple. Sur ce dossier, l’Otan travaille en étroite collaboration avec l’Union européenne (notamment l’AED), en menant une analyse commune des déficiences capacitaires. L’UE est ainsi consciente qu’elle n’est pas outillée, par manque de directive capacitaire, pour mener à bien cette traduction en termes de moyens. Mais c’est plus globalement un changement radical d’approche que propose aujourd’hui l’ACT, tant en termes capacitaires que sur le plan de la structure. Promu par les «Français» de Norfolk, l’abandon du raisonnement par «plateformes» ou «capacités» au bénéfice d’une approche basée sur «l’effet recherché», en combinant différentes capacités reliées en réseau, a aujourd’hui le vent en poupe. C’est notamment le cas pour le futur AWACS (Alliance Future Surveillance & Control) : plutôt que de répondre à la question classique «quel nouvel avion et quel nouveau radar ?», l’ACT s’est interrogé sur le futur de la surveillance aérienne à l’horizon 2030 et notamment sur la combinaison possible de plusieurs capteurs. Révolution aussi en matière de structure, après le constat commun ACT et ACO (commandement opérations) sur le fait que l’Alliance est mal charpentée face aux réponses dans le haut du spectre. L’ACT propose ainsi une architecture plus souple et reconfigurable qui s’appuierait davantage sur l’existant, c’est-à-dire sur les états-majors nationaux. Ces derniers seront reliés entre eux par réseau et en lien permanent avec la structure de l’Otan et de l’UE. En résumé, une Otan plus «fédérale», qui s’appuiera davantage sur les moyens des Etats membres, qui leur donnera plus de poids et dont la structure ne gonflera pas à l’excès. «Regarder dans quel siècle on vit», pour reprendre la formule du général Mercier, implique de changer de méthode de travail, de fonctionner en réseau et d’accroître la distribution de responsabilité. Présentée au Conseil de l’Atlantique Nord (NAC) en janvier, cette vision a été bien accueillie et devrait faire l’objet d’une réunion de coordination ACT/ACO sous peu. Restera à trancher l’éventualité, au vu de la multiplication des crises, d’une révision du concept stratégique de l’Alliance adopté en 2010. Réponse dans les prochains mois.

 

4 – L’AIEA appelle la Corée du Nord à coopérer avec elle sur son programme nucléaire (AIEA)

New York, Mar 6 2017 12:50PM Le Directeur général de l’;Agence internationale de l’;énergie atomique (AIEA), Yukiya Amano, a demandé lundi à la République populaire démocratique de Corée (RPDC) de coopérer avec son agence sur son programme nucléaire. « Je reste sérieusement préoccupé par le programme nucléaire de la République populaire démocratique de Corée. Il est profondément regrettable que la République populaire démocratique de Corée n’;ait manifesté aucune indication de son intention de se conformer aux résolutions du Conseil de sécurité adoptées en réponse à ses deux essais nucléaires de l’;année dernière », a dit M. Amano dans un discours devant le Conseil des gouverneurs de l’;AIEA à Vienne, en Autriche. Le chef de l’;agence onusienne a demandé à nouveau à la RPDC « de respecter pleinement les obligations qui lui incombent en vertu des résolutions du Conseil de sécurité, de coopérer rapidement avec l’;Agence et de résoudre toutes les questions en suspens, y compris celles qui sont survenues en l’;absence d’;inspecteurs du pays ». Il a ajouté que l’;AIEA se tenait prête « à jouer un rôle essentiel dans la vérification du programme nucléaire de la RPDC ». La réunion du Conseil des gouverneurs de l’;AIEA s’;est déroulée alors que, selon la presse, la Corée du Nord a tiré lundi quatre missiles balistiques, dont trois ont fini leur course en mer du Japon. M. Amano a également évoqué lundi le programme de vérification et de surveillance de l’;AIEA en Iran. « L’;Agence vérifie et suit, depuis plus d’;un an, la mise en œuvre par l’;Iran de ses engagements liés au nucléaire dans le cadre du Plan d’;action global intégré », a-t-il souligné. En janvier, l’;AIEA a ainsi vérifié le transfert de centrifuges et d’;infrastructures en excédent de l’;usine d’;enrichissement de Fordow vers l’;usine d’;enrichissement de Natanz, où elles sont maintenant stockées sous la surveillance continue de l’;Agence. L’;AIEA « continue de vérifier le non-détournement de matériaux nucléaires déclarés par l’;Iran en vertu de son Accord sur les garanties. Les évaluations concernant l’;absence de matériaux et d’;activités nucléaires non déclarés en Iran se poursuivent »

 

 

LES ENJEUX DE LA DÉFENSE FRANÇAISE :

 

1 –  La pérennisation de la composante océanique : enjeux et perspectives (FRS, Bruno Tertrais)

 

L’intérêt de la pérennisation de la dissuasion : Les armes nucléaires n’ont pas perdu en pertinence.

Tous les États disposant de capacités nucléaires développent, pérennisent et/ou modernisent celles-ci. La Russie est actuellement engagée dans un effort massif de renouvellement de sa force de dissuasion et met en œuvre de nouveaux systèmes d’armes. Elle est soupçonnée par certains analystes de violer le traité sur les Forces nucléaires intermédiaires. Les arsenaux montent en puissance en Asie : les États disposant de capacités nucléaires sur ce continent accroissent la portée et la diversité de leurs arsenaux, ainsi que la quantité de leurs armes ou de leurs matières fissiles. La Corée du Nord a confirmé, par les essais nucléaires qu’elle conduit, qu’elle a pour ambition de se doter d’un arsenal pleinement opérationnel. Les efforts de maîtrise des armements nucléaires se sont essoufflés. Moscou ne semble pas intéressée aujourd’hui par la négociation d’un nouvel accord de réduction des arsenaux russe et américain, sauf à des conditions inacceptables pour Washington (prise en compte des défenses antimissiles, des moyens balistiques conventionnels à longue portée…). La convocation, en 2017, sous l’égide de l’ONU, d’une convention visant à l’interdic­tion des armes nucléaires n’aura probablement guère d’impact sur le « monde réel » : en effet, tous les pays disposant de ces armes (ainsi que la très grande majorité des pays couverts par la « dissuasion élargie » américaine) s’opposent à un tel traité et n’entendent nullement souscrire à un tel instrument d’interdiction Parmi les pays de l’OTAN, seuls les Pays-Bas (abstention) n’ont pas voté contre l’ouverture de la négociation d’un tel traité. Or il n’existe pas aujourd’hui d’alternative crédible à la dissuasion nucléaire pour la protection des intérêts les plus essentiels d’un État. La défense antimissile est un complément utile à la dissuasion mais, outre qu’elle ne couvre pas tout le spectre des menaces possibles contre les intérêts vitaux, son coût/efficacité est discutable. Les moyens stratégiques de frappe dans la profondeur sont très coûteux – ce qui les rend peu accessibles aux puissances moyennes – et ne peuvent infliger des dommages inacceptables à un adversaire de manière immédiate (outre le fait qu’ils ne suscitent pas la même « peur » que les armes nucléaires). Par ailleurs, l’arme nucléaire s’affirme, de plus en plus, comme un instrument au service de la résurgence du nationalisme et des politiques de puissance (Russie, Chine, Inde, Pakistan, Corée du Nord…). Ces États valorisent leurs capacités nucléaires pour impressionner leurs adversaires, y compris par des essais, des manœuvres ou des démonstrations de force. Nous vivrons donc encore dans un « monde nucléaire » pendant très longtemps.

Pour la France, l’intérêt stratégique d’une dissuasion indépendante reste intact…

Retrouvez l’intégralité de l’article avec ce lien :
https://www.frstrategie.org/publications/notes/la-perennisation-de-la-composante-oceanique-enjeux-et-perspectives-06-2017

 

2 – La modernisation des deux composantes de la dissuasion nucléaire n’est pas négociable (Patricia Adam, commission de la défense)

 

Ma position sur les enjeux de la dissuasion nucléaire française est claire : la crédibilité de l’outil de dissuasion dont disposera notre pays entre 2030 et 2080 dépendra des investissements budgétaires réalisés dès la prochaine législature pour moderniser ses deux composantes, aéroportée et océanique. Aucune ambiguïté n’est permise concernant la posture nucléaire de notre pays : l’outil de dissuasion protège la France contre toute agression d’origine étatique, dirigée contre ses intérêts vitaux, d’où qu’elle vienne et quelle qu’en soit la forme. Sa crédibilité repose sur la permanence de notre capacité de frappe. Or, pour être parfaitement opérationnel, il doit pouvoir s’appuyer sur les deux composantes aéroportée et océanique, et bénéficier de moyens de transmission spécifiques. Nous y consacrons 0.18 % de notre PIB, un niveau historiquement bas. Cet effort sera nécessairement renforcé à l’occasion de la prochaine loi de programmation militaire. De mon point de vue, il serait contraire aux besoins de sécurité du pays de renoncer à notre outil de dissuasion, ou à la permanence de notre force de frappe, de façon unilatérale – c’est-à-dire en dehors des obligations internationales auxquelles souscrit la France. Cela serait inefficace du point de vue des objectifs de désarmement international et de non-prolifération que poursuit la France : les Etats nucléaires abandonneraient-ils leur outil de dissuasion du jour au lendemain faisant le constat du désarmement unilatéral de la France ? La réponse est non, bien évidemment.

 

 

INDUSTRIE ET ÉCONOMIE :

 

1 – « Il n’y a pas de souveraineté sans industrie forte », assure le DGA, Laurent Collet-Billon, après une puissante année 2016 (Blog, la Voix du Nord)

 

La DGA et son délégué général à l’armement, Laurent Collet-Billon, ont pu dresser, hier dans le bunker du ministère de la Défense, un bilan 2016 triomphant du premier investisseur de l’Etat, au cœur de l’innovation, de la recherche et de l’équipement des forces armées (9,8 milliards d’euros avec des reports de charges). Curieusement, le DGA, pourtant prompt à pousser des cocoricos, s’est montré discret sur le record absolu de 20 milliards d’euros d’exportations des entreprises françaises en 2016 (consolidé ?). Il salue  » la performance de l’équipe France et les perspectives de long terme. Tout ça, c’est du solide « . LCB ne parlait pas ainsi il y a encore deux ans, craignant cette  » LPM qui reposait sur l’exportation du Rafale, un enjeu à 4 milliards. La LPM peut être exécutée ce dont on n’est pas peu fier « . En cette fin de quinquennat de Jean-Yves Le Drian, il laisse la communication export au ministre, dont on dit qu’il apporterait sa pierre défensive à Emmanuel Macron. Revenons à la DGA qui fin 2016 a passé commande de 80 % des équipements prévus par la LPM et livré entre autres en 2016 1 FREMM, 2 A400M, 6 Rafale, 6 Tigre et 6 NH90 (10,8 milliards de crédits de paiement). La France peut compter sur   » des champions mondiaux « . Six font partie du top 100 de l’armement (Thales, Safran, DCNS, Dassault, Nexter et le CEA ajouté par le SIPRI de Stockholm). Il faut ajouter le membre du top 10, Airbus Group dans sa configuration euro-germano-franco-espagnole (et qu’Airbus Safran Launchers a été créé en 2016). Pour le DGA, «  il n’y a pas de souveraineté sans industrie forte « . Avec 20 milliards en 2016 (165 000 emplois de haute technicité non délocalisables), la défense présente  » un excédent commercial rare avec le luxe et le picrate « .

Du cyber à tour de bras

L’avenir passe, lui, par des investissements colossaux (préparation du remplacement des deux composantes de la dissuasion, donc un futur sous-marin nucléaire lanceur d’engins, le successeur du missile ASMP-A, le drone de combat franco-britannique, le drone MALE avec l’Allemagne, l’Italie, l’Espagne et peut-être toute l’Europe…). Tout en soutenant la recherche duale et une flopée de thèses de doctorants (450). Un impératif stratégique dans tout ça, le cyber. Pour développer l’intelligence artificielle, le Big Data, la robotisation,  » vous êtes obligé de faire de la cyberdéfense à tour de bras « . Si bien que DGA MI (maîtrise de l’information), à Bruz à côté de Rennes, comptera 600 experts fin 2019. La DGA va grossir au total de 600 postes, notamment dans le domaine de l’assistance à l’exportation, jugée stratégique par les entreprises.

En bref

AIF : l’armement individuel futur, dérivé du HK 416 allemand, aura du matériau français, du métal ciselé par Aubert & Duval.

Scorpion : le DGA ne souhaite pas qu’on accélère le tempo du programme des véhicules Scorpion.  » Attention à ne pas sacrifier le temps du développement et de l’appropriation des militaires.  » Objectif 2020.

LPM : à la fin de la Loi de programmation militaire 204-2019, le report de charges sur la suivante s’élèvera à 2,8 milliards d’euros (1,7 pour l’instant).

FTI : le profil technique de la future frégate de taille intermédiaire (FTI) devrait être présenté cette semaine. Avec des éléments communs avec la future frégate légère furtive (FLF).

Char lourd : la fusion entre l’Allemand KMW et le Français Nexter (KNDS) prendra tout son sens quand il s’agira de concevoir le futur char lourd des années 2030. Avec une tourelle française et un corps allemand suppute avec un sourire le DGA.

Essais : les centres DGA ont accompli 6,5 millions d’heures d’essais en 2016.

 

2 – Les ventes de Falcon battent de l’aile, Dassault tient bon le marché (Michel Cabirol, La Tribune)

 

Le PDG de Dassault Aviation Eric Trappier n’attend pas de reprise du marché des avions d’affaires avant 2018 (Crédits : dassault Aviation) Dassault Aviation souffre sur le marché de l’aviation d’affaires. La plupart de ses indicateurs économiques et financiers sont en baisse en 2016. Dassault Aviation plie, mais ne rompt pas. Si les ventes des avions d’affaires Falcon battent de l’aile depuis deux ans, le constructeur du Rafale fait face aux vents contraires avec beaucoup de solidité. Les « fondamentaux » de Dassault Aviation, comme les appelle le Délégué général de l’armement Laurent Collet-Billon, restent bons même s’ils sont pour la plupart en baisse. Le chiffre d’affaires a reculé à 3,5 milliards en 2016 (contre 4,1 milliards en 2015) tout comme le résultat net à 384 millions (482 millions en 2015) et la marge nette à 10,7% du chiffre d’affaires (11,5% en 2015). Clairement, il n’y pas encore le feu mais la situation pourrait devenir très préoccupante dans deux ans si le marché des jets d’affaires restait toujours aussi atone. Le carnet de commandes des Falcon diminue comme neige au soleil depuis plusieurs années. Ainsi, les ventes de Falcon ont toujours été inférieures aux livraisons depuis 2008 à l’exception de 2014 (66 Falcon livrés, 90 commandés). 2016 n’a pas dérogé à la tendance : 49 Falcon livrés et 21 appareils commandés. Le carnet de commandes s’est donc beaucoup effrité passant à près de 500 fin 2008, à 63 Falcon à fin 2016 (contre 91 à fin 2015 et 121 à fin 2014). C’est un défi très ambitieux pour Dassault Aviation de rebâtir un carnet de commandes solide. Le lancement d’un nouveau Falcon, en cours de réflexion, et la mise en service du 5X en 2020, pourraient y aider.

Retrouvez l’intégralité de l’article avec ce lien :
http://www.latribune.fr/entreprises-finance/industrie/aeronautique-defense/les-ventes-de-falcon-battent-de-l-aile-dassault-tient-bon-le-manche-656535.html

 

 

GRANDS PROBLÈMES DE DÉFENSE 

ET DE SÉCURITÉ :

 

1 – Quelques questions à Pierre Lelouche (Richard Labévière, Proche&Moyen-Orient-Online)

Dans son dernier ouvrage – Une guerre sans fin1 -, Pierre Lellouche s’interroge sur les changements géostratégiques en cours et engage la France à renforcer ses souveraineté et sécurité nationale. Bravo ! Molenbeek, Paris, Mossoul, Berlin, Alep… Ces villes ont été le théâtre d’attentats ou de conflits armés perpétrés par des terroristes salafo-jihadistes en 2015 et 2016, autant de manifestations du retour « en boomerang » de la « question d’Orient ». Le fait religieux politisé a engendré une « drôle de guerre » dont nous avons longtemps nié la réalité, avertit Pierre Lellouche. Dans cet ouvrage très documenté, le député Républicain et ancien secrétaire d’État aux Affaires européennes poursuit le travail entamé dans ses précédents livres et analyse les menaces actuelles, à l’appui de son expérience politique et universitaire. S’il ouvre le débat sur des dossiers cruciaux, il n’en avance pas moins des affirmations qui soulèvent passablement de questions de forme et de fonds. A l’issue d’un travail de trois ans, Pierre Lellouche déconstruit le basculement du monde et la relation Europe/mondes arabo-musulmans, une histoire de quinze siècles qui n’a pas encore dit toutes ses ruses. « Les contemporains ont par définition le plus grand mal à voir venir les guerres », nous explique l’auteur ; « un grand historien, aujourd’hui oublié, Jacques Bainville, avait publié au lendemain de la Première Guerre mondiale un livre visionnaire dans lequel il analysait les conséquences de la paix de Versailles. Il avait également perçu avec une incroyable vista l’effondrement de l’ordre étatique et territorial mis en place à cette époque avec les accords Sykes-Picot de 1916 puis avec le traité de Sèvres de 1920. Dans son livre les Conséquences politiques de la paix, Bainville conte une fable arabe qui est devenue le fil d’Ariane de mon livre : un voyageur jette dans le désert les noyaux des dattes consommées lors de son repas. Surgit alors un génie qui lui indique que l’un des noyaux jetés au fil du vent est entré dans l’oeil de son fils, l’a tué, et qu’il va donc en payer le prix. C’est le prix de tous les noyaux de dattes jetés dans le vent de l’histoire depuis un siècle, et surtout depuis quarante ans, que nous payons aujourd’hui… » Depuis quinze siècle, les relations entre l’Europe et les mondes arabo-musulmans sont loin d’être un long fleuve tranquille, empruntes de confrontations très éloignées du « dialogue des civilisations » que se plaisent à raconter les docteurs tant mieux et autres diseurs de bonnes aventures.

Retrouvez l’intégralité de l’article avec ce lien :
http://prochetmoyen-orient.ch/


2 – Bienvenue au HK 416 F (ministère de la défense, armée de terre)

 

93 080. C’est le nombre de HK 416 F dont l’armée de Terre va se doter dans les dix prochaines années. Visant à remplacer le FAMAS dont le coût de maintien et d’entretien est de plus en plus pesant, ce fusil d’assaut moderne va permettre à l’armée de Terre de faire un bond technologique dans le domaine du petit calibre. Fiable, robuste, précis, facile d’emploi, ce nouveau fusil est à l’image d’une armée de Terre moderne, capable de faire face aux défis d’aujourd’hui et de demain. Résolument engagée dans un renouvellement de ses équipements, l’armée de Terre vit actuellement une période de transition capacitaire de grande ampleur, à l’image de l’arrivée, à court terme, du HK 416 F. Présent au sein de l’institution et sur tous les théâtres d’opérations depuis presque 40 ans, le fusil automatique de la manufacture de Saint-Etienne (FAMAS), après près de 40 ans de loyaux services, est en effet arrivé en limite d’évolution et de développement. Son soutien devient de plus en plus difficile car le coût de maintien en condition opérationnelle est très élevé. Il est temps pour lui de laisser sa place à la nouvelle recrue : le HK 416 F. Fusil au calibre OTAN de 5,56 mm, le « HK », proposé par Heckler et Koch dans sa version F, est à l’image du nouveau modèle économique de l’armée de Terre : pour une meilleure économie des moyens. Ainsi, comme l’a rappelé le chef d’état-major de l’armée de Terre lors d’une audition à l’Assemblée nationale le 19 octobre dernier : « Le FAMAS est un très bon fusil, mais il a quarante ans d’emploi intense et coûte cher à l’entretien. Avec trois percuteurs, on peut acheter un HK 416. Avec six chargeurs FAMAS, on achète un HK 416 ».

Une arme aux multiples avantages Pour l’armée de Terre, l’objectif est donc d’armer 93 080 militaires de HK 416 F. Ces chiffres prennent en compte à la fois la force opérationnelle terrestre (FOT = 77 000 hommes), le « hors FOT » et les réservistes. Ainsi, dès cette année, ce sont quelques 5 300 fusils qui seront livrés aux forces terrestres. Puis, jusqu’en 2023, 10 000 fusils environ seront livrés par an et le chiffre se stabilisera à 5000 par an de 2024 à 2028.

Pensé pour s’adapter aux besoins de chaque utilisateur, le HK 416 F, grâce à sa modularité, va permettre de gagner en efficacité. Plus de droitier ou de gaucher car le fusil n’offrira qu’une seule configuration ; à la différence du FAMAS, le HK 416 dispose également d’une crosse réglable et de talons de crosse s’adaptant à la morphologie des tireurs.  Deux versions équiperont les soldats. La version standard de 90 cm pourra accueillir une baïonnette et effectuer des tirs de grenade à fusil pour les unités débarquées. Ce sont donc 38 500 exemplaires qui seront livrés dans cette version, dont 14 915 seront félinisés (2020-2021). Une version courte de 80 cm équipera quant à elle les combattants embarqués, soit près de 55 000 soldats. Hormis cette particularité, les deux armes seront strictement identiques : bretelle ajustable, 4 rails Picatinny pouvant accueillir l’ensemble des accessoires (bipied, baïonnette, lance-grenade ou optique), etc. Avec une excellente durée de vie (30 000 coups sans dégradation de la précision), cette arme est capable de tirer dans toutes les configurations et toutes les situations. Comme l’a réaffirmé le CEMAT lors de sa visite à la section technique de l’armée de Terre (STAT) où il a pu tester la nouvelle arme : « A partir du moment où le soldat maitrisera bien l’ISTC [instruction sur le tir de combat], il n’aura aucune difficulté à passer sur le HK demain ».

 

3 – Repenser le monde, une ardente obligation (Guillaume Berlat, Proche&Moyen-Orient-Online)

 

« Le courage consiste à choisir le moindre mal, si affreux soit-il encore » (Stendhal, La chartreuse de Parme). Aujourd’hui, le monde change. Il est imprévisible et dangereux. Il paraît aussi incompréhensible à nos dirigeants incrédules, branchés sur des logiciels de pensée du passé, que la bataille de Waterloo à Fabrice del Dongo, il y a déjà deux siècles. Plus ils disposent d’informations (ouvertes et fermées), moins ils semblent à même de déchiffrer le monde (proche et lointain) dont ils sont censés être les principaux acteurs. Leur politique étrangère, qui leur est de plus en plus étrangère, en devient étrange par rapport au monde réel dans lequel nous vivons. Plus ces prétendus internistes des relations internationales (qu’ils devraient être) disposent d’éléments leur permettant de mieux comprendre, a priori, le monde moins leur diagnostic a posteriori est fiable et leurs remèdes pertinents. Leur médecine est celle des médecins Diafoirus. Il n’est qu’à voir la liste de leurs échecs accablants : Afghanistan, Irak, Syrie, Libye… Or, nous vivons dans un environnement marqué par la multiplication de nouveaux conflits. Face à un monde qui change fondamentalement au présent (une vérité d’évidence), ils paraissent incapables de le repenser en profondeur pour le futur (un impératif catégorique).

LE MONDE CHANGE : UNE VÉRITÉ D’ÉVIDENCE

Sur la base d’un constat global qui est sans appel (la « pagaille multipolaire »), il importe de changer de focale pour mieux appréhender le reste du monde (la parfaite sidération) et l’Amérique de Donald Trump (« America First »).

Le constat global : la « pagaille multipolaire »

Retrouvez l’intégralité de l’article avec ce lien :
http://prochetmoyen-orient.ch/repenser-le-monde-une-ardente-obligation/

 

 

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